L’Argentine est au bord d’une récession économique, avec une inflation cumulée en juillet de 19,6 %. Photo AFP
Le Fonds monétaire international (FMI) va avancer ses versements à l’Argentine afin de soutenir le programme économique du gouvernement, aux termes d’un accord annoncé hier par le président argentin de centre-droit Mauricio Macri. Le FMI va avancer « tous les fonds nécessaires afin de garantir l’exécution du programme financier de l’année prochaine », a déclaré le chef de l’État juste avant l’ouverture des marchés. Cette annonce intervient après des journées de grande volatilité et de chute du peso.
En juin, le FMI a accordé un prêt de 50 milliards de dollars à l’Argentine. Un premier versement de 15 milliards de dollars a été déjà effectué. « La semaine dernière, nous avons eu de nouvelles marques de méfiance des marchés, particulièrement concernant notre capacité à consolider un financement pour 2019 », a admis M. Macri en expliquant les raison de cette demande au Fonds.
La volatilité du marché des changes a conduit la dévaluation du peso à atteindre un nouveau record mardi, la monnaie argentine s’échangeant à 32,07 unités pour un dollar. Hier à l’ouverture des marchés, le peso argentin s’échangeait à 32,15 pour un dollar. Vendredi, la Bourse de Buenos Aires a chuté de 5,11 % à la suite d’une dégringolade de 30,50 % des actions du groupe financier Supervielle qui avait annoncé de mauvais résultats la veille. Supervielle avait fait part d’une baisse de son bénéfice net part du groupe de 46 % au deuxième trimestre 2018 par rapport au trimestre précédent et de 63 % sur un an.
L’économie argentine est au bord de la récession, avec une inflation cumulée en juillet de 19,6 %. « Garantir le financement pour 2019 va nous permettre de renforcer la confiance et reprendre le chemin de la croissance au plus vite », a ajouté le président argentin. Le gouvernement a mis en place un plan d’austérité à la demande du FMI, qui prévoit notamment des suppressions de poste de fonctionnaires et une réduction des baisses d’impôts pour les exportations d’huiles et de farine de soja.
Historiquement, le déficit budgétaire de l’Argentine est élevé, ce qui alimente l’inflation. Les gouvernements de Nestor Kirchner puis son épouse Cristina (2003-2015) finançaient ce déficit par l’émission monétaire, alors que le gouvernement Macri comble le déficit, qu’il a ramené de 6 à 4 %, par la prise de dette et une limitation des dépenses publiques.
Dans son plan initial de relance de l’économie, Mauricio Macri tablait sur un afflux d’investissements étrangers dans les infrastructures, l’énergie, mais la prudence reste de mise. Les sociétés étrangères hésitent à investir dans un pays où la valeur d’un investissement peut être amputée de 20 % en quelques semaines.
Source : AFP

