Des parlementaires iraniens ont lancé mercredi une procédure de destitution visant le ministre de l'Education et ont aussi dans leur viseur le ministre de l'Industrie et des mines, accentuant la pression sur le président Hassan Rohani dans un contexte de rétablissement des sanctions commerciales américaines.
Trois jours après la destitution du ministre de l'Economie par le Parlement, elle-même précédée de celle du ministre du Travail, le chef de l'Etat, élu sur la promesse de réformes économiques et d'ouverture de l'Iran, apparaît de plus en plus fragilisé face à la faction conservatrice incarnée par le Guide suprême de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei.
Les conservateurs affirment que c'est la mauvaise gestion du pays par le gouvernement de Hassan Rohani, et non les sanctions américaines, qui est responsable de l'effondrement de la devise nationale, le rial, de la flambée de l'inflation qui en résulte et de la hausse du chômage.
La décision prise au mois de mai par Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire de 2015 a réduit à néant la promesse du chef de l'Etat de moderniser l'Iran après des années de sanctions internationales qui ont empêché le pays de se développer. Les conservateurs, favorables à la poursuite du programme nucléaire et à l'engagement de l'Iran dans les conflits régionaux, s'attachent depuis à marginaliser Hassan Rohani, considéré comme un modéré et réélu pour quatre ans en 2017. Certains parlementaires menacent désormais de saisir la justice pour obtenir sa destitution, mais le président du Parlement, Ali Larijani, a estimé mercredi que cela n'était pas possible "sur le plan légal".
Un responsable du Conseil des gardiens de la Constitution, l'équivalent iranien de la cour constitutionnelle, a pour sa part évoqué des "ambiguïtés" à ce sujet, selon des propos rapportés par l'agence Tasnim.


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