Le chef du Courant patriotique libre, le ministre sortant des Affaires étrangères Gebran Bassil, a affirmé mardi que la part du chef de l’Etat dans l'attribution des portefeuilles ministériels est une constante, au moment où cette question est l’un des obstacles à la formation du nouveau cabinet.
« Plusieurs ambassadeurs m’ont interrogé sur la formation du gouvernement. Je leur ai répondu à chaque fois, avec courtoisie et diplomatie, qu’il s’agissait d’une question d’ordre interne, et nous souhaitons que cet esprit prévale dans la formation du cabinet », a déclaré M. Bassil, à l’issue de la réunion hebdomadaire de son groupe parlementaire.
« La part ministérielle du président de la République ne dépend pas d’une période déterminée, et il ne faut pas répéter les erreurs stratégiques commises depuis l’accord de Taëf (1989) dans le but de réaliser des gains politiques », a mis en garde Gebran Bassil.
Le chef de l’Etat, Michel Aoun, est le fondateur du CPL qui est aujourd’hui dirigé par M. Bassil. De ce fait, les adversaires politiques du chef de l’Etat et du ministre sortant des Affaires étrangères s’opposent à ce qu’il y ait une distinction entre la part du CPL et celle du chef de l’Etat dans l’attribution des portefeuilles ministériels. Cette question est l’un des obstacles qui a jusque-là empêché le Premier ministre désigné, Saad Hariri, de former son gouvernement, une tâche qui lui a été attribuée il y a plus de trois mois.
Sur un autre plan, Gebran Bassil a estimé que la question des réfugiés syriens présents au Liban depuis 2011 « ne peut pas être réglée sans une décision nationale indépendante, et l’initiative russe consacre un équilibre au niveau international afin que ce retour ne soit pas lié à une solution politique". "Nous œuvrons pour le succès » de cette initiative, a ajouté M. Bassil. « Nous sommes appelés à chercher l’intérêt du Liban et de son économie, ainsi que celui du peuple syrien dans le cadre de ce retour, loin des intérêts régionaux », selon lui.
La question du retour des réfugiés divise la communauté internationale et suscite l'inquiétude de l'ONU et des organisations humanitaires qui ont mis à plusieurs reprises en garde contre tout retour forcé ou subi. La Russie, soutien indéfectible du président syrien Bachar el-Assad, a estimé la semaine dernière lors d'une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel, que tout devait être fait pour permettre le retour des réfugiés en Syrie.
Le mois dernier, Moscou avait lancé une initiative pour le retour des réfugiés installés au Liban et en Jordanie. Dans ce contexte, Beyrouth a annoncé le 6 août la création de centres chargés d'enregistrer les demandes de Syriens souhaitant retourner chez eux. Damas a également dévoilé la création d'un comité chargé d'organiser le retour des réfugiés.


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