De nombreux sujets ont été abordés par le chef de l’État et son homologue suisse hier à Baabda. Photo Dalati et Nohra
La visite officielle du président de la Confédération suisse, Alain Berset, au Liban a été marquée par des déclarations sur la question des réfugiés syriens, dans ses trois étapes majeures : à Baabda où il était reçu par le président de la République Michel Aoun, à Aïn el-Tiné où il a eu un entretien avec le président du Parlement Nabih Berry et à la Maison du Centre où il a rencontré le Premier ministre désigné Saad Hariri. À ce propos, le président suisse a assuré que son pays « poursuivrait son aide au Liban », et qu’il ne considère pas ce problème comme « exclusivement libanais », mais comme une « question globale ».
Durant la première étape de sa tournée des responsables politiques, au palais de Baabda en matinée, un accueil officiel avait été réservé au président suisse, qui était arrivé en compagnie de son épouse qui, elle, a eu un entretien avec la Première dame Nadia Aoun. Étaient présents durant cette visite les ministres Gebran Bassil et Nicolas Tuéni. L’entretien entre MM. Aoun et Berset a été suivi d’une conférence de presse conjointe.
Au sujet des réfugiés syriens au Liban, M. Berset a affirmé qu’il fallait « faire preuve, en cette période, d’une sorte de pragmatisme et de la recherche de solutions applicables ». Selon lui, il faut réussir à réunir les conditions nécessaires pour assurer un retour dans les meilleures circonstances possibles, tout en ne négligeant pas la solution politique.
Pour sa part, M. Aoun a réitéré la position libanaise qui reste « attachée au retour des réfugiés syriens dans les zones sûres de leur pays », saluant au passage « l’initiative russe qui va dans ce sens ». « J’ai demandé au président suisse l’appui de son pays à cette initiative, sans la lier à une solution politique qui pourrait tarder à voir le jour », a-t-il ajouté.
À la question de savoir ce que pourrait faire la Suisse pour faciliter le retour des réfugiés, M. Berset a insisté sur la dimension humanitaire qui caractérise son pays. Pour lui, la question principale reste celle de savoir quelles sont les conditions qui permettent un « retour volontaire » dans les meilleures circonstances. D’où le fait, a-t-il ajouté, qu’il faut trouver un équilibre entre le pragmatisme dans l’approche du terrain, et la recherche d’une solution politique qui assurerait la stabilité à moyen et long terme, sans lier les deux de manière inextricable, ou imposer des conditions réciproques qui freineraient ce processus de retour. Il a cependant insisté sur le fait que la Suisse restait aux côtés du Liban, soulignant le rôle central que joue la communauté internationale, un rôle qu’il ne faut en aucun cas affaiblir, mais plutôt soutenir, selon lui.
Rappelons que le programme de la délégation suisse pour aujourd’hui mardi inclut la visite d’un camp de réfugiés syriens au Liban-Nord, qui précédera sa visite à Dimane, pour y rencontrer le patriarche maronite Béchara Raï et d’autres dignitaires religieux.
Annulation des visas pour les passeports diplomatiques
À l’issue de la rencontre du président de la Confédération suisse avec M. Berry, c’est ce dernier qui a précisé que l’un des principaux sujets discutés était celui des réfugiés syriens. « Nous avons insisté sur la nécessité d’aborder ce problème de manière à alléger le fardeau qui pèse sur le Liban, tout en nous assurant de bonnes relations avec les Syriens », a-t-il déclaré.
Interrogé sur les divergences de points de vue sur cette question, étant donné que le Liban prône le retour dans les zones sûres alors que les Européens insistent sur le retour volontaire, M. Berry s’est dit « convaincu que 95 % des déplacés syriens, sinon plus, viennent de régions qui ont été libérées, et pourtant nous n’obligeons personne au retour ». Il a ajouté qu’« il faut coopérer avec le gouvernement syrien pour que les déplacés puissent rentrer chez eux ».
De l’entretien du président Berset avec le Premier ministre à la Maison du Centre, peu de données ont filtré, sinon, selon la chaîne LBCI, que les mêmes problématiques ont été abordées, entre autres celle des réfugiés syriens.
Parmi les autres sujets soulevés par le président suisse avec les responsables libanais hier, celui du renforcement des relations bilatérales, notamment économiques. À ce propos, une mesure a été annoncée à Baabda par M. Berset, celle de l’annulation réciproque des visas d’entrée pour les détenteurs d’un passeport diplomatique. La Suisse est le premier pays à avoir signé un tel accord avec le Liban, a-t-il précisé. L’accord d’exemption mutuelle a été signé hier par le ministre suisse aux Affaires de l’émigration, Urs von Arb, et le directeur des Affaires politiques au ministère libanais des Affaires étrangères, Ghadi Khoury.
M. Aoun a pour sa part évoqué « la nécessité de redynamiser l’accord de libre-échange entre les deux pays ». Le chef de l’État a informé son homologue qu’un « grand chantier de réformes » attendait le Liban qui doit mettre en œuvre les décisions de la Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises (CEDRE), tenue le 6 avril à Paris, et lutter contre la corruption.
Un autre sujet abordé a été celui de la similitude entre les deux pays, qui ont tous deux des systèmes cosociatifs, bien que très différents. À ce sujet, M. Aoun a évoqué sa proposition de créer un centre international de dialogue entre les religions, les civilisations et les ethnies, une proposition que M. Berset a dit appuyer.
La formation du gouvernement, omniprésente
Trois mois après les élections législatives de mai, le retard dans la formation du gouvernement ne pouvait que figurer hier dans les déclarations en marge de la visite officielle du président suisse. Le chef de l’État, en réponse à une question, a appelé hier le Premier ministre désigné Saad Hariri à « prendre l’initiative » de former le gouvernement, « maintenant qu’il a entendu les revendications des différentes parties » politiques.
Et d’ajouter : « Dans une étape ultérieure, le président de la République doit être informé de la formation gouvernementale et l’approuver en vue de signer le décret. Mais nous n’en sommes qu’à la première étape, et il semble que le Premier ministre désigné s’est enquis suffisamment des doléances des différentes parties. Il doit procéder à la formation du gouvernement, nous l’attendons. »
Prié de commenter les propos du président, M. Berry a, également en marge de sa rencontre avec le président suisse, estimé « être aussi soucieux que le chef de l’État et le Premier ministre désigné concernant la formation rapide d’un gouvernement, parce que cette situation ne peut durer ».
Dans le communiqué publié par le bureau du Premier ministre, il est précisé que l’un des sujets abordés avec l’hôte suisse est celui « des efforts en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale ».
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Le discours du Président de la Confédération Helvétique en visite chez nous peut paraitre simpliste, tiède, timide et sans impacte. Ceci s’explique par le fait que le président de la Confédération Helvétique est membre d’un pouvoir exécutif collégial, ou régime directorial, le Conseil Fédéral, dont la présidence est prise en charge par chacun un ses membres par ordre d’ancienneté de manière rotative pour une coure durée d’un an seulement dans le but unique de représenter la Suisse. La Suisse est membre de l’ONU, à ce titre elle prend part aux votes des résolutions de l’ONU dans le stricte respect de sa Neutralité. Elle soutient toutes les résolutions à buts humanitaires dans discrimination. La question des réfugiées syriens est une question humanitaire certes mais toute aussi politique dont le règlement est du ressort du Liban et de la Syrie sous l’égide de la communauté internationale. Le Président Suisse en visite chez nous au Liban ne peut se prononcer sur des questions politiques humanitaires conflictuelles. La Suisse se prononcera sur la question des réfugiés syriens uniquement dans le cadre d’une résolution de l’ONU, mais non à l’occasion d’une visite au Liban ! Par contre la Neutralité de la Suisse et son engagement dans l’aide humanitaire permet au président en visite de confirmer le maintien de l’aide de la Suisse au Liban dans son ensemble sans discrimination….
15 h 23, le 28 août 2018