Emmanuel Macron lors de son discours annuel face aux ambassadeurs de France. AFP / POOL / Philippe Wojazer/AFP/POOL
Emmanuel Macron a réaffirmé hier, lors du traditionnel discours aux ambassadeurs, son cap diplomatique en appelant à redoubler d’efforts face au réveil des extrêmes et des populismes en Europe, et à la remise en cause du multilatéralisme « par des acteurs majeurs ». Un an après sa première prise de parole devant les quelque 250 ambassadeurs de France réunis à l’Élysée, le chef de l’État a estimé que les quatre priorités (sécurité, biens communs, attractivité et Europe) qu’il avait fixées en 2017 restaient « valides ». En cette nouvelle année diplomatique qui s’ouvre, « il nous faudra prendre de nouvelles initiatives, construire de nouvelles alliances » pour répondre à cette « double crise » du multilatéralisme et de l’Europe, a estimé le chef de l’État. Sur la question de l’Iran, de la crise dans le Golfe, du Yémen et de la question israélo-palestinienne, il a par ailleurs indiqué qu’il prendrait dans les « prochaines semaines » des « initiatives concrètes », sans donner plus de précision.
Syrie
La situation en Syrie est « alarmante », a estimé Emmanuel Macron, accusant le régime de préparer, par une nouvelle offensive militaire d’ampleur, « une nouvelle tragédie humanitaire » dans la région d’Idleb, ultime refuge des groupes rebelles et de jihadistes. À l’heure où le conflit syrien approche de « l’heure de vérité », M. Macron a estimé que le maintien du président Bachar el-Assad au pouvoir serait « une erreur funeste ». « Qui a provoqué ces milliers de réfugiés ? Qui a massacré son propre peuple ? Il n’appartient pas à la France de désigner les futurs dirigeants de la Syrie pas plus qu’à un autre pays, mais c’est notre devoir et notre intérêt de nous assurer que le peuple syrien sera bien en situation de le faire », a-t-il ajouté.
Précisant s’être entretenu dans la matinée avec son homologue iranien Hassan Rohani, Emmanuel Macron a réaffirmé son attachement à l’accord conclu en 2015 sur le programme nucléaire iranien – dont les États-Unis ont annoncé leur retrait. La « France a proposé le chemin d’une négociation élargie avec l’Iran (...), cette approche progresse aujourd’hui, c’est une boussole que de nouveaux partenaires suivent et nous ferons tout pour qu’elle contribue à éviter une grave crise dans les mois qui viennent », a-t-il dit.
Europe
En Europe, « les extrêmes ont progressé et les nationalismes se sont réveillés », a souligné Emmanuel Macron. « Est-ce une raison pour abandonner ? Serait-ce une raison pour dire que nous avons tort ? Tout le contraire. Nous payons là plusieurs décennies d’une Europe qui n’a peut-être pas toujours suffisamment proposé. » « Ce combat européen ne fait que commencer, il sera long, il sera difficile, il sera au centre de l’action de la France tout au long de mon mandat » car « nous sommes au milieu d’une crise européenne », a-t-il déclaré.
En matière de sécurité et de défense, le chef de l’État a annoncé qu’il porterait « dans les prochains mois » un « projet de renforcement de la solidarité européenne ». « L’Europe ne peut plus remettre sa sécurité aux seuls États-Unis, c’est à nous aujourd’hui de prendre nos responsabilités et de garantir la sécurité et la souveraineté, nous devons tirer toutes les conséquences de la guerre froide », a-t-il souligné.
Source : agences

