Les nouvelles sanctions économiques américaines imposées à la Russie, accusée d'être derrière une attaque à l'agent chimique innervant au Royaume-Uni, sont entrées en vigueur lundi. Les Etats-Unis sont parvenus début août à la conclusion, comme Londres auparavant, que l'empoisonnement au printemps à Salisbury de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, à l'agent Novitchok était imputable à Moscou.
En raison de cet usage d'"armes chimiques ou biologiques en violation des lois internationales", Washington avait annoncé son intention d'imposer ces nouvelles sanctions si le Congrès ne s'y opposait pas. Selon un avis publié lundi au Journal officiel fédéral, les mesures punitives sont donc entrées en vigueur.
Elles portent notamment sur l'exportation de certains produits technologiques, comme des appareils ou de l'équipement électroniques, ou sur les ventes d'armes à la Russie. Mais Washington a exclu de la liste plusieurs types de produits, ainsi que ce qui est lien avec la coopération spatiale, au nom des "intérêts de sécurité nationale". De la même manière, la fin de l'aide étrangère à la Russie, théoriquement prévue par les sanctions, est "suspendue".
L'impact réel des mesures est donc difficile à évaluer, mais un haut responsable américain avait estimé début août qu'elles pourraient coûter "des centaines de millions de dollars" à l'économie russe. Surtout, elles pourraient être suivies d'autres plus sévères, et l'annonce de cette décision avait suffi à faire chuter les marchés financiers russes et le rouble.
Une loi américaine de 1991 sur l'élimination de l'usage des armes chimiques et biologiques oblige le président américain à imposer des sanctions contre toute personne étrangère s'il "détermine qu'elle a sciemment contribué aux efforts d'un pays pour acquérir ou faire l'usage d'armes chimiques ou biologiques". A partir du moment où les sanctions entrent en vigueur, la Russie a 90 jours pour déclarer qu'elle n'utilise plus d'armes chimiques ou biologiques, s'engager à ne plus le faire à l'avenir et permettre des inspections pour s'assurer de leur élimination. En cas de non respect de ces exigences, une deuxième salve de sanctions "draconiennes" sera décrétée, avait prévenu début août l'administration américaine, notant qu'elles pourraient aller jusqu'à interdire les aéroports américains aux compagnies aériennes russes ou même suspendre les relations diplomatiques entre les deux pays.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine