La coalition sous commandement saoudien au Yémen, pointée du doigt par l'ONU après des raids meurtriers, a accusé lundi l'organisation internationale de faire le jeu des rebelles dans le pays en guerre. Cette coalition militaire aide depuis mars 2015 le gouvernement au Yémen face aux rebelles houthis, appuyés par l'Iran et qui se sont emparés de vastes régions du pays dont la capitale Sanaa.
La semaine dernière, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, a accusé la coalition dirigée par Riyad d'être responsable de deux raids aériens ayant tué le 23 août 26 enfants dans le secteur d'al-Douraïhimi, dans l'ouest du Yémen.
"Nous sommes étonnés des déclarations de certains responsables onusiens (...) qui prennent des positions partiales contenant des allégations sur des raids", a déclaré le colonel Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition anti-rebelles à Riyad. "Cela revient à adopter la version des houthis et la propager à travers le monde", a ajouté l'officier saoudien, s'exprimant devant des journalistes. "Nous savons tous que les organisations onusiennes sont sous la pression des houthis et certaines déclarations pourraient être le résultat de ces pressions". Le colonel Maliki a admis qu'il n'y avait "pas de guerre sans dommages collatéraux". Mais il n'a pas explicitement dit qui était responsable des derniers raids.
Déjà, le 9 août, un raid aérien dans la province de Saada, fief des houthis dans le nord, a été attribué à cette coalition, accusée d'avoir frappé un bus qui transportait des enfants, tuant 40 d'entre eux et poussant le secrétaire général de l'ONU à appeler à une enquête indépendante.
"J'avais espéré que l'indignation qui avait suivi l'attaque de Saada constituerait un tournant majeur dans le conflit. Les informations sur les attaques à al-Douraïhimi, tuant 26 enfants, indiquent que ce n'est pas le cas", a déploré vendredi dernier Henrietta Fore, directrice de l'Unicef.
L'ONU a convoqué des pourparlers sur le Yémen le 6 septembre à Genève, alors que jusque-là toutes les tentatives de règlement politique ont échoué.
Depuis mars 2015, le conflit a fait plus de 10.000 morts et provoqué la pire crise humanitaire du monde, selon les Nations unies.


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