Le député Ibrahim Kanaan a appelé jeudi à faire du retour des réfugiés syriens installés au Liban une "priorité", insistant, sur base d'un article du New York Times sur la possibilité pour les chrétiens de Syrie de rentrer dans les régions reconquises par le régime du président Bachar el-Assad. Photo d'archive ANI
Le député Ibrahim Kanaan (aouniste) a appelé jeudi à faire du retour des réfugiés syriens installés au Liban une "priorité", insistant, sur base d'un article du New York Times sur la possibilité pour les chrétiens de Syrie de rentrer dans les régions reconquises par le régime du président Bachar el-Assad.
"J'ai lu dans le New York Times que sur 10.000 Syriens chrétiens, répartis sur 30 villages, il ne reste que 900", a tweeté le député Kanaan, qui faisait référence à l'article "Il ne reste aucune fille : des villages chrétiens vidés par l'Etat islamique" du grand quotidien américain. ll souligne qu'"il ne reste qu'une église sur 24 après les destructions, les déplacements massifs et les combats menés par les takfiristes (extrémistes)", regrettant que "depuis que le régime a repris ces localités, peu de gens seulement sont rentrés".
"Est-ce cela le printemps arabe ?", s'est interrogé le député, dont le mouvement réclame le retour des réfugiés syriens installés au Liban, en référence aux mouvements de protestation qui ont secoué plusieurs pays arabes en 2011, dont la Syrie où le mouvement s'est par la suite transformé en guerre civile. Et de conclure : "Existe-t-il une priorité plus importante que le retour des déplacés ?".
Depuis plusieurs mois, plusieurs responsables politiques, notamment le président de la République, Michel Aoun, et le chef de la diplomatie, Gebran Bassil, encouragent tout retour "volontaire et sécurisé" des réfugiés, ce que la communauté internationale trouve prématuré, estimant que le territoire syrien n'est pas encore assez stable et appellant à ce que soit d'abord trouvée une solution politique. Depuis le début du mois de juillet, la Sûreté générale libanaise œuvre, en coopération avec Damas, à l'organisation d'opérations de rapatriement de réfugiés. Six vagues de rapatriement au compte-gouttes ont déjà été organisées, permettant le retour de plus de centaines de personnes, notamment vers le Qalamoun syrien.
Dans son article dans le NYT, le journaliste Ben Hubbard est parti à la rencontre de familles assyriennes habitant les villages du nord de la Syrie, dans la région du Khabour. Le journaliste américain a notamment interviewé un responsable local de l'Eglise assyrienne orientale, Shlimon Barcham, qui "doute que beaucoup de gens vont rentrer au pays". "Tout le monde dit de jolies choses sur leur envie de rentrer... mais je ne pense pas qu'ils le feront", a affirmé M. Barcham au NYT.
Un autre homme d'une trentaine d'années a par ailleurs indiqué au quotidien américain qu'il est resté au village "pour être avec sa mère mais qu'il ne sait pas combien de temps cela peut encore durer, tellement la communauté est réduite". "Nous restons, mais pour combien de temps ? Si nous voulons nous marier, il n'y a plus de femmes", a-t-il déclaré, soulignant que les habitants n'ont pas confiance aux habitants des villages voisins arabes "qui sont suspectés d'avoir aidé l'Etat islamique".


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