La présidente de l'ONG SOS Méditerranée, Sophie Beau, a appelé lundi "l'ensemble des pays européens à prendre leurs responsabilités" pour trouver un port sûr au navire humanitaire l'Aquarius qui a secouru 141 personnes vendredi.
L'association a déjà eu deux "réponses officielles négatives" de la part de Malte et de l'Italie pour accueillir l'Aquarius.
"On demande à l'ensemble des Etats européens de trouver une solution. On les appelle à prendre leurs responsabilités pour trouver un port sûr en Méditerranée", a ajouté Mme Beau selon laquelle la situation actuelle est "en contradiction la plus totale avec le droit maritime international".
"Des rescapés ont raconté que cinq navires leur sont passés devant sans s'arrêter. Et aujourd'hui il n'y a aucun navire sur la zone de détresse, nous sommes très inquiets", souligne la présidente de SOS Méditerranée.
Dans la matinée de vendredi, le bateau a récupéré 25 migrants à bord d'une petite barque en bois.
L'après-midi, le navire humanitaire a secouru 116 personnes, dont 67 mineurs non accompagnés, essentiellement originaires de Somalie et d'Erythrée qui se trouvaient sur une embarcation en bois, "surchargée", sans eau ni nourriture.
"Les gardes-côtes qui ont assuré le sauvetage nous ont dit qu'il ne pouvaient pas nous donner un port sûr. La Libye n'est pas un port sûr", a estimé Mme Beau.
En juin, l'Aquarius avait récupéré 630 migrants au large de la Libye. Mais l'Italie et Malte avaient refusé de les laisser débarquer. L'odyssée du navire s'était achevée dans le port espagnol de Valence. L'Aquarius est ensuite resté un mois en escale technique à Marseille.
Samedi, le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite), a déclaré que l'Aquarius, "propriété d'un armateur allemand avec un pavillon de Gibraltar", "ne verrait jamais un port italien".


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