Le chef du Rassemblement démocratique, le député libanais druze Taymour Joumblatt. Photo Ani
Le député libanais druze Taymour Joumblatt a déclaré lundi, à son retour de Moscou, avoir évoqué avec les responsables russes "les moyens de protéger les druzes" de Syrie, victimes le mois dernier d'attaques et d'enlèvements de la part du groupe jihadiste Etat islamique dans la province de Soueida, et de leur éviter de devoir s'enrôler dans l'armée du président Bachar el-Assad.
Le chef du bloc du Rassemblement démocratique, qui s'est notamment entretenu avec le le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a indiqué dans un communiqué que sa visite était "consacrée à la situation des habitants du Djebel druze et aux moyens d'assurer leur protection des dangers et des drames dans lesquels le régime (syrien) veut les entraîner".
Il a ajouté qu'une "série de mesures ont été prises et sont en discussion afin de préserver la sécurité" des druzes de Syrie, visés le 25 juillet par une série d'attaques coordonnées de l’EI dans la province méridionale de Soueida, région à majorité druze dans le sud de la Syrie, qui ont fait plus de 250 morts, l’un des bilans les plus lourds du conflit syrien.
Taymour Joumblatt a dénoncé "le crime barbare commis par l'EI grâce au concours, voire l'injonction, du régime", estimant que les attaques du groupe jihadiste "visent à contraindre (les druzes syriens) à s'enrôler dans l'armée du régime dans le but de les envoyer à Idleb pour la prochaine guerre".
Il a indiqué que ses entretiens en Russie visaient à relayer les demandes de ses coreligionnaires, "concernant leur position à l'égard du service militaire, de l'amnistie, du retour des personnes enlevées et des mesures à prendre lors de la prochaine étape".
Jusqu'à présent, les notables druzes de Soueida avaient obtenu que leurs jeunes gens enrôlés dans l'armée du régime syrien demeurent dans la province et ne soient pas emmenés combattre sur les fronts.
Le fils du leader druze et chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt a insisté sur les relations historiques qui lient le PSP et la Russie. Il a ajouté que les discussions et les contacts allaient se poursuivre dans les prochains jours avec les responsables russes "pour garantir la sécurité de la Montage (druze) et de ses habitants", indiquant également qu'il poursuivait ses efforts pour régler la question des personnes enlevées.
En se retirant vers ses positions aux limites nord de la province de Soueida, le groupe jihadiste avait enlevé une trentaine de femmes et d’enfants alors que 17 hommes sont portés disparus. Dimanche, l'EI a décapité l'un de ses otages, un étudiant de 19 ans.
La semaine dernière, le chef du PSP avait appelé les habitants de Soueida à "ne pas tomber dans les pièges du régime syrien" en s’enrôlant dans son armée.


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