Le leader druze libanais Walid Joumblatt. Photo d'archives AFP/Joseph Eid
Le leader libanais druze Walid Joumblatt s'en est à nouveau pris au Courant patriotique libre de Gebran Bassil, appelant à prendre exemple sur l'Irak et à démettre de leurs fonctions le ministre sortant des Affaires étrangères, ainsi que celui de l'Energie, César Abi Khalil, affilié au CPL, sur fond de critiques concernant la production du courant électrique.
"En Irak, et après des semaines de contestation, le ministre de l'Electricité a été démis de ses fonctions après avoir dilapidé 40 milliards de dollars. La Banque mondiale conseille au Liban de se débarrasser des navires-centrales ottomans et de construire des centrales électriques. N'est-ce pas une opportunité pour démettre de ses fonctions le ministre actuel (de l'Energie) et son maître, afin de résoudre le problème du ministère de l'Energie?" s'est demandé M. Joumblatt sur Twitter.
La réponse de César Abi Khalil n'a pas tardé : "Soit nous devons vous acheter des unités de production (de courant électrique) qui seraient mises en place sur la crique de Cogico, soit la dilapidation de fonds dont vous êtes responsables depuis 1990 nous est imputée?", s'est demandé le ministre sortant de l’Énergie.
Cogico SARL (Consolidated Group for Industry & Commerce), est l'une des plus importantes sociétés de distribution de produits pétroliers au Liban. M. Joumblatt en est l'un des actionnaires.
Le ministre de l'Electricité irakien, Qassem al-Fahdaoui, a payé dimanche le prix du mécontentement populaire, limogé après trois semaines de manifestations dans un pays miné par des coupures de courant dues aux milliards envolés dans la corruption.
Au Liban, le gouvernement actuel gère les affaires courantes dans l'attente de la formation d'un nouveau cabinet dont a été chargé le Premier ministre désigné, Saad Hariri. Les ministres actuels sont donc considérés démissionnaires.
Le ministre sortant de l’Énergie et de l’Eau, César Abi Khalil, a mené les négociations côté libanais pour la location d'une troisième barge-centrale appartenant à l'opérateur turc Karadeniz qui est arrivée au Liban le 15 juillet. M. Abi Khalil avait assuré en mai que la location de cette barge pendant trois ans avait été négociée à des conditions avantageuses pour le Liban, sans toutefois fournir tous les détails du contrat. L’arrivée de ce nouveau navire-centrale a été décidée dans le cadre d’un accord plus large portant sur la prolongation des contrats de location de deux autres barges que l’État loue à Karadeniz depuis 2013 : le Fatmagül Sultan à Zouk et Orhan Bey à Jiyeh, pour un total de 370 MW.
Le choix de cette solution comme les conditions dans lesquelles le ministre l'a adoptée ont fait l’objet de vives tensions entre plusieurs membres du gouvernement sortant.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine