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Pakistan : le parti d'Imran Khan affirme pouvoir former une coalition à l'Assemblée

AFP
30/07/2018

Le parti de l'ex-champion de cricket Imran Khan affirme disposer de suffisamment de sièges à l'Assemblée nationale pakistanaise avec ceux de députés indépendants et d'autres partis pour constituer un gouvernement, a annoncé lundi l'un de ses porte-parole.

"Nous avons acquis le nombre de sièges nécessaire pour former un gouvernement (fédéral)", a déclaré Fawad Chaudhry devant la presse, ce qui permettra à Imran Khan de devenir Premier ministre. Alors que le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI, le parti d'Imran Khan) avait obtenu 115 sièges aux législatives, un score meilleur qu'attendu mais en deçà des 137 nécessaires pour avoir la majorité absolue à l'Assemblée (qui compte au total 272 sièges), "nous avons désormais le soutien de 168" députés, a-t-il poursuivi. "Le PTI est en position confortable pour former un gouvernement fédéral", a affirmé le porte-parole.

Trois autres formations majeures, dont la Ligue musulmane pakistanaise (PML-N), au pouvoir les cinq années précédentes, et le Parti du peuple pakistanais (PPP), qui l'était entre 2008 et 2013, ont par ailleurs annoncé lundi par la voix d'un ancien Premier ministre, Yousuf Raza Gilani (PPP), qu'ils constitueraient une forte opposition au Parlement.
Une douzaine de partis ont annoncé vendredi soir après une réunion à Islamabad qu'ils allaient organiser des manifestations pour contester les résultats.

Le PML-N, qui avait assisté à cette réunion et a fini deuxième du scrutin avec 64 sièges, devait annoncer dimanche s'il se joignait au mouvement, ce qu'il n'a pas encore fait.  Le PML-N, tout comme le PPP, ont rejeté les résultats des législatives, affirmant que des fraudes s'étaient produites. La mission d'observation de l'Union européenne, tout en jugeant "crédibles" les résultats, a fait état de "restrictions de la liberté d'expression" et d'un "manque notable d'égalité" pendant la campagne électorale, estimant que le scrutin n'avait pas été "à la hauteur" des dernières législatives en 2013. Les Etats-Unis ont également exprimé des "inquiétudes au sujet d'irrégularités" au cours de la campagne.

Le parti d'Imran Khan, dont la nette victoire met un terme à des décennies d'alternance entre le PML-N et le PPP, entrecoupées de périodes où les militaires étaient au pouvoir, est accusé d'avoir bénéficié d'un fort soutien de l'armée.
A la fin de la semaine dernière, Naeem ul Haq, un représentant du PTI, a espéré que l'ancien champion prêterait serment en tant que Premier ministre "avant le 14 août".

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