Le peloton de la 105e édition du Tour de France cycliste se dirigeant vers l’arc de triomphe, place de l’Étoile à Paris, alors que la Patrouille de France survolait ce dernier, hier lors de la dernière étape de la Grande Boucle. Marco Bertorello/AFP
Un Britannique de l’équipe Sky vainqueur du Tour de France cycliste : Geraint Thomas a remplacé Chris Froome sur la plus haute marche du podium des Champs-Élysées, hier, au terme de la 105e édition de la Grande Boucle.
Après le déboulé victorieux du cycliste norvégien Alexander Kristoff dans la 21e étape, le scénario habituel s’est reproduit au bout du parcours de 3 351 km. Pour la 6e fois depuis 2012, l’équipe la plus puissante du peloton a inscrit l’un des siens au palmarès de la plus grande course cycliste du monde : Bradley Wiggins (2012), Chris Froome (2013, 2015 à 2017) et donc Geraint Thomas, coureur gallois jusqu’alors cantonné à un rôle de lieutenant. La formation britannique a imposé sa puissance collective et a placé Froome, son habituel leader qui a semblé usé par la répétition des efforts et l’atmosphère souvent hostile rencontrée sur les routes, à la 3e place. Le dauphin a pris les traits d’un coureur de grande envergure, le cycliste néerlandais Tom Dumoulin (27 ans). Déjà 2e du Giro fin mai derrière Froome, le champion du monde du contre-la-montre a été devancé cette fois par Thomas pour un peu moins de deux minutes. Le coureur slovaque Peter Sagan a, lui, remporté un 6e maillot vert, égalant le record du cycliste allemand Erik Zabel. Quant au coureur français Julian Alaphilippe, il a confirmé son maillot à pois de meilleur grimpeur. Le grand perdant, c’est Primoz Roglic, qui a chuté au pied du podium alors qu’il était sur la 3e marche avant le contre-la-montre de la 20e étape samedi.
Si la victoire de Thomas – vainqueur de deux étapes de montagne dans les Alpes et maillot jaune de la 11e à la 21e étape – est indiscutable, elle ne paraît pas ouvrir pour autant le début d’une nouvelle ère. « Il n’y a pas de passation des pouvoirs, estime Laurent Jalabert, ancien champion des années 1990 devenu consultant, c’est la confirmation que Thomas vaut mieux que ce rôle d’équipier de luxe qu’il a tenu jusque-là. Il a 32 ans et n’a pas de temps à perdre ». Le premier Gallois vainqueur du Tour est en fin de contrat chez Sky, au contraire de Froome (33 ans) lié jusqu’en 2020 et qui a donc échoué dans sa tentative de doublé victorieux Giro et Tour la même année.
Ambiance, météo, parcours, tout a concouru à rendre ce Tour éprouvant, « rude », selon son directeur Christian Prudhomme. Le climat détestable qui a entouré les premiers tours de roue de Froome, blanchi seulement cinq jours avant le départ pour un contrôle antidopage anormal, a débordé sur son équipe. Chose rare dans l’histoire du Tour, le quadruple vainqueur de l’épreuve a été menacé à l’occasion, notamment dans la montée de l’Alpe- d’Huez. Thomas lui-même a été sifflé lors de sa prise de pouvoir à La Rosière (Savoie). Comme s’il devait payer la stratégie du rouleau compresseur de son équipe.
Enfin, pour l’édition 2019, qui marquera le centenaire du maillot jaune, le Tour partira de Bruxelles. Qui sera alors le leader de la Sky ? Froome ou Thomas ? En attendant l’heure de la grande révélation de ce Tour, Egan Bernal (21 ans), le grimpeur prodige venu de Colombie.
Source : AFP

