Le patriarche Raï au Jourdain, sur le site d’al-Maghtas où Jésus s’est fait baptiser par Le Précurseur.
Le patriarche maronite, Béchara Raï, a conclu hier sa visite pastorale de trois jours en Jordanie, en se rendant sur le site du baptême du Christ à « Béthanie au-delà du Jourdain » (al-Maghtas), près duquel sera construite une église dédiée à saint Maron, sur un terrain offert par le monarque jordanien. C’est avec un retard de cinq ans que l’édifice sera construit, puisque le patriarche en avait posé la première pierre en 2012.
Situé sur les rives orientales du Jourdain, ce lieu, au cœur d’une nature sauvage, est considéré selon la tradition chrétienne comme le site probable du baptême de Jésus par Jean-Baptiste. Des églises et des chapelles, un monastère, des grottes ayant servi de refuges à des ermites et des bassins baptismaux témoignent de la valeur religieuse du lieu. Le site est une destination de pèlerinage pour les chrétiens du monde entier que le patriarche maronite a décidé d’encourager. Il est classé patrimoine international par l’Unesco.
Dans une tente dressée sur l’emplacement de l’église Saint-Maron en projet, le patriarche Raï, qui était accompagné de la ministre jordanienne du Tourisme Lina Annab et de l’ambassadrice du Liban Tracy Chamoun, a prononcé une allocution dans laquelle il a soulevé la cruciale question de la cause palestinienne et du statut de Jérusalem. « Toutes les guerres au Moyen-Orient sont nées de la cause palestinienne, mais ils ne veulent pas trouver une solution à cette cause afin d’en user pour déstabiliser tel ou tel endroit », a accusé Mgr Raï. « Depuis 1948, a-t-il ajouté, toutes les résolutions internationales ont recommandé que Jérusalem reste ville ouverte à toutes les religions ; en 1951, la Knesset israélienne a elle-même adopté une résolution en ce sens. Aujourd’hui, hélas, le Parlement israélien vient de se dédire. Nous déplorons avec vous cette décision qui va réprimer les droits de tous ceux qui souhaitent visiter la Terre sainte et nous réclamons que l’ONU, par respect pour l’humanité, adopte une résolution condamnant cette décision, même si elle doit rester lettre morte. »
Indignation
Au premier jour de sa visite, lundi, le patriarche maronite avait déjà fait part de son indignation au vote par le Parlement israélien, jeudi dernier, d’une loi définissant Israël comme l’État-nation du peuple juif. « Nous déplorons la décision prise jeudi par la Knesset de judaïser Jérusalem et de l’instituer comme capitale d’Israël », avait déclaré Mgr Raï.
Pour sa part, la ministre jordanienne du Tourisme avait insisté sur la vocation de son pays à être « la terre des lieux saints chrétiens et musulmans ». Soulignant que « l’heure est triste », Mme Annab a assuré que « les racines du christianisme sont en Orient et resteront en Orient », et que « la dynastie hachémite restera la gardienne de la Ville sainte ».
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NON PAS OUVERTE CHER PATRIARCHE MAIS VILLE INTERNATIONALE. GRANDE LA DIFFERENCE !
08 h 37, le 26 juillet 2018