Dans la station balnéaire de Mati, à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Athènes, 26 personnes carbonisées ont été retrouvées enlacées par groupes, « dans une dernière tentative pour se protéger », a raconté un sauveteur. Savvas Karmaniolas/AFP
Le bilan des feux autour d’Athènes s’est alourdi hier à 74 morts, a annoncé la porte-parole des pompiers, Stavroula Maliri, à Rafina, chef-lieu de la zone balnéaire ravagée sur la côte est de l’Attique, alors que le pays était sous le choc de la découverte macabre dans le secteur d’au moins 26 personnes carbonisées, dont des « petits enfants ». Près de 200 personnes ont également été blessées.
Ce bilan est en augmentation continuelle. « Nous avons décompté 60 morts », avait déclaré auparavant Myron Tsagarakis, conseiller municipal de Rafina. Ces incendies sont ainsi les plus meurtriers depuis ceux ayant tué 77 personnes en 2007. Selon M. Tsagarakis, le bilan risque encore de s’alourdir avec la découverte de personnes piégées dans leurs habitations, dont toutes n’ont pas encore été fouillées. Une mère polonaise et son fils figurent parmi les morts, selon Varsovie qui n’a pas donné plus de détails.
Dans la station balnéaire de Mati, à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Athènes, 26 personnes carbonisées ont été retrouvées enlacées par groupes, « dans une dernière tentative pour se protéger », a raconté un sauveteur, Vassilis Andriopoulos. Des habitants continuaient de signaler des disparus, notamment auprès de trois relais de la Croix-Rouge ouverts dans le secteur, a affirmé Georgia Trisbioti, une porte-parole de l’organisation. « Les gens sont choqués, perdus, certains ont tout perdu, enfants, parents, maisons », s’est-elle émue.
« Aujourd’hui, la Grèce est en deuil », a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras, annonçant, dans une adresse télévisée à la nation, trois jours de deuil national. Autorités et volontaires s’organisaient pour porter secours aux sinistrés, avec des collectes et distributions d’eau, nourriture et vêtements, tandis que les sans-logis étaient dirigés vers des hôtels. Au moins cinq personnes ont également péri en mer, où elles espéraient échapper aux flammes.
L’identification des victimes s’annonce longue, dans cette zone également fréquentée par des touristes étrangers. Le pays, qui a activé le mécanisme européen de protection civile, s’est vu offrir de l’aide par l’Espagne, la France, Israël, la Bulgarie, la Turquie, l’Italie, la Macédoine, le Portugal et la Croatie, tandis que les messages de condoléances affluaient de l’étranger. Le parquet de la Cour suprême a ouvert une enquête sur les causes du sinistre.
Sources : agences

