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Moyen Orient et Monde - France

L’affaire Benalla se cristallise au Parlement

« Une dérive individuelle de la part de ce chargé de mission (Alexandre Benalla) ne fait pas une affaire d’État », a déclaré hier, devant les députés, le Premier ministre français Édouard Philippe (debout, au centre). Bertrand Guay/AFP

La première grande crise politique de l’ère Macron se cristallisait hier au Parlement français, avec l’annonce du dépôt d’une motion de censure, le gouvernement appelé à répondre au feu roulant des questions des élus et l’audition d’un très proche collaborateur du président.
Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, a prêté serment en fin d’après-midi devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale pour y être auditionné sur l’affaire Alexandre Benalla, un ex-membre du cabinet du chef de l’État filmé en train de frapper et de malmener deux manifestants le 1er mai. « Je l’ai prise seul, en mon âme et conscience. Je n’ai jamais parlé de ce sujet avec le chef de l’État, qui était à 10 000 km », a-t-il dit au sujet de la sanctions infligée à M. Benalla. « J’ai été recruté sur cette fonction pour m’occuper de la gestion interne de la présidence. C’est vraiment ma responsabilité et je l’assume », a-t-il ajouté.Auparavant, dans l’après-midi à l’Assemblée, les ministres ont dû faire bloc afin de défendre le gouvernement et l’Élysée, auxquels l’opposition reproche d’avoir cherché à couvrir les agissements du jeune homme, qui n’a été licencié qu’après la divulgation de vidéos incriminantes la semaine dernière et dont les débordements n’avaient pas été signalés à la justice. « Une dérive individuelle de la part de ce chargé de mission ne fait pas une affaire d’État », a lâché à cette occasion devant les députés le Premier ministre Édouard Philippe. « Je conçois que l’on puisse peut-être poser des questions sur l’éventuelle proportionnalité de la décision qui a été prise » de mettre à pied M. Benalla 15 jours en mai, « mais la célérité (de la réponse) n’est pas contestable », a-t-il encore lancé. Le chef du gouvernement a répété qu’une « sanction effective » avait été prise contre Alexandre Benalla : « Rien n’a été masqué, rien n’a été omis. » « Une République exemplaire, ce n’est pas une République infaillible », a encore déclaré le Premier ministre. M. Philippe a mis en exergue « la réaction administrative, judiciaire et parlementaire » à cette affaire, qui « est rare ». « Il faut éviter toutes les confusions », a-t-il exhorté à l’adresse de l’Assemblée nationale, qui ne doit pas être « un tribunal ». « Je prendrai moi-même, si l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) fait des propositions, les mesures qui s’imposent pour éviter que de tels dysfonctionnements puissent se reproduire », a encore promis M. Philippe. Les membres du gouvernement devaient renouveler l’exercice un peu plus tard au Sénat.
Hier aussi, le chef de file des députés Les Républicains (droite) Christian Jacob a, de son côté, annoncé que son groupe allait déposer une motion de censure contre le gouvernement afin qu’il « s’explique », sans espoir toutefois qu’elle puisse passer au vu de la très large majorité dont disposent le parti présidentiel et son allié Modem à l’Assemblée. Il faudrait en effet pour cela le vote favorable de plus de la moitié des 577 députés. Mais l’opposition de tous bords attend de pied ferme les explications de l’exécutif, peu satisfaite de celles données lundi par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et le préfet de police de Paris. Leurs auditions devant la commission d’enquête parlementaire n’ont pas éclairé toutes les zones d’ombre et l’entourage de M. Macron s’est retrouvé pointé du doigt. « Nous sommes dans une présidence du mensonge », a dénoncé le socialiste Olivier Faure.

« Stop à l’hystérie »
Le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler, bras droit du chef de l’État, répondra pour sa part demain aux questions des sénateurs, signe que l’affaire tutoie bien les sommets. Plusieurs autres auditions de responsables sont prévues, soit à l’Assemblée, soit au Sénat.
Cette crise politique est la plus grave, depuis son élection en mai 2017, pour M. Macron, qui fait passer ses réformes à un train d’enfer et a bâti son action politique sur la rupture avec la vie politique ancienne. « Nous avons fait campagne sur le fait que la politique devait être plus propre et je m’aperçois que c’est le pire du monde d’avant, donc forcément c’est un peu déstabilisant », a déploré un député de la majorité parlementaire, Paul Molac.
Dans la tourmente, le camp Macron appelle à la retenue, alors que le chef de l’État reste silencieux sur le dossier. S’il s’est exprimé hier sur Twitter, c’est pour exprimer la solidarité de la France avec la Grèce et la Suède, frappées par d’importants incendies. De son côté, M. Philippe a accusé l’opposition, devant les députés de la majorité réunis à huis clos hier, de « ne pas vouloir la vérité, mais la crise », selon des propos rapportés par des participants. « Stop à l’hystérie collective ! » s’est ainsi exclamé l’essayiste Édouard Tétreau, proche de M. Macron, dans une tribune dans Le Figaro.
Source : AFP

La première grande crise politique de l’ère Macron se cristallisait hier au Parlement français, avec l’annonce du dépôt d’une motion de censure, le gouvernement appelé à répondre au feu roulant des questions des élus et l’audition d’un très proche collaborateur du président. Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, a prêté serment en fin d’après-midi devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale pour y être auditionné sur l’affaire Alexandre Benalla, un ex-membre du cabinet du chef de l’État filmé en train de frapper et de malmener deux manifestants le 1er mai. « Je l’ai prise seul, en mon âme et conscience. Je n’ai jamais parlé de ce sujet avec le chef de l’État, qui était à 10 000 km », a-t-il dit au sujet de la sanctions infligée à M....
commentaires (1)

Encore une fois, le problème essentiel n'st pas l'intervention musclée de Benalla le 1er mai: on pourra toujours trouver des circonstances l'expliquant, voire la justifiant. Le véritable problème est son immixtion ♪ plusieurs reprises dans les affaires de police, avec, semble-t-il, la complicité du président.

Yves Prevost

07 h 01, le 25 juillet 2018

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Commentaires (1)

  • Encore une fois, le problème essentiel n'st pas l'intervention musclée de Benalla le 1er mai: on pourra toujours trouver des circonstances l'expliquant, voire la justifiant. Le véritable problème est son immixtion ♪ plusieurs reprises dans les affaires de police, avec, semble-t-il, la complicité du président.

    Yves Prevost

    07 h 01, le 25 juillet 2018

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