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Nos lecteurs ont la parole - Sylvain Thomas

Servir Dieu et non pas se servir de Dieu

Les récents et derniers événements survenus au Proche-Orient placent nos compatriotes, aussi bien que les dirigeants de notre pays, devant un cas de conscience à régler pacifiquement et avec beaucoup de diplomatie et de patriotisme.
Tout en déplorant sincèrement les retombées sur l’avenir de notre patrie, nous nous proposons dans l’exposé qui suit de bien faire la part des choses et de situer convenablement les rôles des citoyens et celui des gouvernants du Liban comme ceux des pays frères qui nous entourent au Moyen-Orient par une profonde réflexion.
Dans la révolution évangélique de Notre Seigneur Jésus-Christ qui fut strictement apolitique – il existe une caractéristique extraordinaire par laquelle le Christ sépare distinctement les droits de César et ceux de Dieu, c’est celle exprimée par le fameux passage : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». (Mat.2,2). La grande innovation est la reconnaissance par tous les croyants des droits distincts de l’un et de l’autre. La Parole de Dieu, prononcée par le Christ, prescrit directement l’engagement des citoyens et indirectement le devoir des dirigeants politiques, les uns du pays intérieur et les autres pays extérieurs, en hommes responsables se comportant conformément à la dignité de leurs qualités d’hommes. Du moment que le Christ n’a défini nulle part l’essence politique, c’est qu’il nous renvoyait à une définition naturelle à ce sujet. Mais sa parole et son exemple nous amènent à une attitude positive par rapport au pouvoir politique s’exerçant sur les uns du pays intérieur et les autres aux pays extérieurs à celui des Cèdres non par un simple acquiescement comme le font couramment de nombreux dirigeants, ni à un comportement négatif pour faire de l’opposition, mais par une attitude objective et rationnelle devant les caractères concrets de leur pouvoir. En tenant compte de tous les éléments de la situation, car le pouvoir n’a de sens que s’il protège et favorise les personnes, les familles, les sociétés, les peuples et les valeurs culturelles spirituelles qu’ils découvrent et cultivent mutuellement quelles que soient leurs religions et leurs confessions.
 L’Évangile de Jésus-Christ nous dit : « Soyez avisés comme des serpents et candides comme des colombes (Mat. 10,6 et Lc. 10,3).
Ce sont des symboles diamétralement opposés dans leur nature (puisque l’un agressif, l’autre pacifique) mais pourtant qui se rejoignent dans leur finalité.
Le symbolisme du serpent n’est pas ici celui de la perfidie comme dans la Bible (Genèse, chap.3) mais celui de l’intelligence. Une invitation à la lucidité, à la prudence et au bon sens supérieur.
Si on se contentait du symbolisme du serpent en politique, le comportement ne serait que partiellement évangélique. Pour qu’il le soit totalement, il doit aussi s’efforcer de réaliser le symbolisme de la colombe.
Le Christ nous recommanderait-il une candeur naïve volontairement aveugle sur les déficiences ou à malveillance d’autrui, ami ou ennemi, et prête à tomber dans tous les pièges. Ce serait commettre un grossier contresens que de le penser. La colombe est aussi le symbole de l’oiseau qui ne se laisse pas prendre. Observons-la : elle chemine d’un air candide comme si elle allait se laisser attraper mais au moindre geste, elle s’envole. Le sens est donc celui-ci : soyons bons, soyons doux, soyons confiants (car cet oiseau se laisse apprivoiser, quand il est assuré d’un comportement amical), comme des colombes donc mais sans nous laisser berner.
Il est urgent pour les dirigeants, des superpuissances comme des minipuissances, de prendre toujours des mesures objectivement valables, à la lumière de l’Évangile et dans la concertation fraternelle des partis politiques et des sujets concernés, sans omettre le recours à la prière vers Dieu qui laisse l’homme libre de choisir sa destinée tout en prenant garde de ne pas tomber dans la grave erreur qu’un politicien croyant (à quelque religion qu’il appartienne) peut commettre : « Se servir de Dieu au lieu de servir Dieu. »


Les récents et derniers événements survenus au Proche-Orient placent nos compatriotes, aussi bien que les dirigeants de notre pays, devant un cas de conscience à régler pacifiquement et avec beaucoup de diplomatie et de patriotisme.Tout en déplorant sincèrement les retombées sur l’avenir de notre patrie, nous nous proposons dans l’exposé qui suit de bien faire la part des choses et de situer convenablement les rôles des citoyens et celui des gouvernants du Liban comme ceux des pays frères qui nous entourent au Moyen-Orient par une profonde réflexion.Dans la révolution évangélique de Notre Seigneur Jésus-Christ qui fut strictement apolitique – il existe une caractéristique extraordinaire par laquelle le Christ sépare distinctement les droits de César et ceux de Dieu, c’est celle exprimée par le fameux...
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