Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil (2e de droite), lors d'une conférence de presse au siège du Conseil économique et social, le 10 juillet 2018. Photo Ani
Le chef du Courant patriotique libre et ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a mitigé ses propos au sujet des réfugiés syriens, estimant que leur retour dans leur pays ne résulterait pas nécessairement en une croissance économique, mais affirmant que leur présence au Liban empêchait l'économie de décoller.
"Nous ne disons pas que le retour des (réfugiés) Syriens sera corollaire d'une croissance économique, mais le poids qui résulte des déplacés syriens empêche l'économie de croître", a estimé le chef du CPL, lors d'une visite au siège du Conseil économique et social.
Lundi, Gebran Bassil avait accusé les réfugiés syriens de menacer le Liban d'un "effondrement économique". Le leader druze, Walid Joumblatt, a réagi mardi à ces propos, appelant à "cesser la surenchère raciste"'.
"Nous sommes capables de surmonter les obstacles et malgré tout, il y a des indicateurs positifs. Le nombre de déplacés syriens et les conséquences qu'il provoque vont diminuer progressivement, et nous accorderons à l'économie l'attention nécessaire", a assuré M. Bassil, dans des propos sur Twitter. "Nous sommes persuadés que le Liban ne va pas s'effondrer, car nous sommes un peuple qui ne s'effondre pas".
"Le CES a un rôle essentiel à jouer, en étant un forum de discussions objectives, et je suis convaincu que notre économie va dans le bon sens, malgré le paysage que nous avons aujourd'hui devant les yeux et le (prochain) gouvernement doit jouer un rôle dans l'impulsion" de l'économie, a ajouté Gebran Bassil.
Le 5 juillet, le CES avait appelé lors de son assemblée générale les différents responsables politiques du pays à faciliter une formation rapide du nouveau gouvernement, alors que les consultations qui doivent déboucher sur la désignation d’un nouvel exécutif suite aux élections législatives du 6 mai durent depuis un mois et demi. Le CES avait alerté sur les dangers de la situation socio-économique du pays avant d’insister sur l’urgence de lancer le programme de réformes que le Liban s’est engagé à mettre en œuvre lors de la conférence tenue le 6 avril à Paris (CEDRE).
"Nous vivions sans plan économique, et le gouvernement sortant a échoué sur ce plan-là et sur celui des déplacés syriens. Nous ne pouvons pas reproduire le même gouvernement (...)", a enfin estimé Gebran Bassil.


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