Les six agents de la Garde nationale ont été tués et trois autres blessés lorsque leurs voitures ont été attaquées dimanche matin avec un engin explosif artisanal près de la frontière avec l'Algérie, dans le secteur de Ain Sultan dans la province de Jendouba (nord ouest). REUTERS/Zoubeir Souissi
La Tunisie a rendu hommage lundi aux six membres des forces de sécurité tués la veille lors d'une attaque jihadiste revendiquée par une branche d'el-Qaëda, la plus sanglante depuis la série d'attentats ayant frappé le pays entre 2015 et 2016.
La cérémonie, fermée au public et à la presse, a eu lieu sur une base de la Garde nationale à l'Aouina, près de Tunis, en présence du ministre de l'Intérieur par intérim, Ghazi Jeribi et du commandant général de la Garde nationale.
Des policiers en gants blancs s'y sont rassemblés lundi matin, sous haute surveillance, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les six agents de la Garde nationale ont été tués et trois autres blessés lorsque leurs voitures ont été attaquées dimanche matin avec un engin explosif artisanal près de la frontière avec l'Algérie, dans le secteur de Ain Sultan dans la province de Jendouba (nord ouest).
Les trois policiers blessés, transférés à l'hôpital militaire de Tunis, étaient "dans un état stable" lundi matin, a indiqué le porte parole de la Garde nationale, le colonel Houssemeddine Jebabli.
La branche d'el-Qaëda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'attaque dans la nuit de dimanche à lundi, affirmant avoir réussi à saisir des armes.
Le ministre a précisé que les opérations de recherches menées avec l'appui de l'armée se poursuivaient lundi, mais aucune arrestation n'a eu lieu.
Bien que perpétrée dans une zone montagneuse, loin du littoral touristique, cette attaque intervient dans un moment sensible pour ce pays qui fut le pionnier des Printemps arabes en 2011.
Frappée par une série d'attentats jihadistes meurtriers, notamment au musée du Bardo à Tunis et sur une station balnéaire du littoral en 2015, la Tunisie a beaucoup misé sur la relative accalmie de ces deux dernières années pour relancer le tourisme, poumon vital de son économie. Le pays espère notamment vivre cette année une très bonne saison touristique grâce au retour des tour-opérateurs.
Cette attaque risque d'accentuer la crise politique profonde que traverse la Tunisie, où le Premier ministre Youssef Chahed, qui a récemment limogé son ministre de l'Intérieur, fait face à une offensive venue de son propre camp.


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