Une commission d'enquête parlementaire française a préconisé jeudi 33 mesures pour rendre les centrales nucléaires plus sûres face aux risques d'accident et de terrorisme, alors que la France s'interroge sur son avenir énergétique.
Renforcer le rôle de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), contrôler la sous-traitance dans le secteur, envisager d'autres modes de stockage des déchets ou encore publier un programme prévisionnel des réacteurs à démanteler... Les députés se sont attaqués à de nombreux sujets, parfois techniques.
La commission avait été lancée début février pour faire le point sur les enjeux de sûreté (éviter les accidents) et de sécurité (contre les actes de malveillance) dans un pays qui compte le deuxième parc nucléaire au monde, derrière celui des Etats-Unis, avec 58 réacteurs.
Ces travaux font suite à la catastrophe de Fukushima mais aussi à plusieurs intrusions sur des sites d'EDF de militants Greenpeace pour dénoncer le "risque nucléaire". Mardi, un drone de l'organisation a encore survolé une centrale proche de Lyon (centre-est).
La France, qui veut réduire sa dépendance à l'atome, est en pleine élaboration de sa feuille de route énergétique.
Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a promis un "échéancier" précis d'ici à la fin de l'année sur la fermeture de réacteurs nucléaires afin "qu'on sache quels réacteurs et le nombre de réacteurs" qui seront concernés.
Les députés recommandent pour leur part "la connaissance même approximative d'un échéancier de démantèlement", dont le coût et le financement restent problématiques.
Autre question épineuse: le projet d'enfouissement en profondeur des déchets nucléaires à Bure (nord-est), dont le rapport souligne les "vulnérabilités certaines". Les députés préconisent ainsi d'explorer une alternative: l'entreposage de longue durée en "subsurface", c'est-à-dire à faible profondeur.
Le rapport se penche aussi sur la question de la sous-traitance, devenue monnaie courante dans l'industrie nucléaire. Il recommande de "favoriser la réintégration des compétences au sein des entreprises exploitantes afin de contenir le niveau de sous-traitance et de ce fait de mieux maîtriser la conduite des sites".
Enfin les députés préconisent la création d'une Délégation parlementaire au nucléaire civil dont les membres pourraient avoir accès aux informations classifiées nécessaires, à l'image de ce qui se fait déjà dans le domaine du renseignement.
Les membres de la commission d'enquête se plaignent d'ailleurs de s'être heurtés au secret défense invoqués par les pouvoirs publics comme par EDF, notamment sur la question de la résistance à une attaque des piscines où sont entreposés les combustibles irradiés.


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