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Liban

Dans le camp de Beddaoui, la langue de Dante devient promesse d’avenir

Réfugiés palestiniens

L’institution culturelle Dante Alighieri vient de lancer un programme éducatif à destination des jeunes enfants palestiniens.

05/07/2018

Au début des années 1990, quand le centre a été construit, il n’y avait guère que deux petites salles de classe. La cour était un grand espace nu, sans les marquages et les décors colorés que l’on y voit aujourd’hui. À cinq kilomètres au nord de Tripoli, dans le camp palestinien de Beddaoui, le centre communautaire fondé par les scouts al-Qadisyeh accueille désormais pour ses programmes éducatifs près de 200 élèves, qui viennent y étudier l’arabe, les maths, les sciences et l’anglais.

Depuis une semaine, 55 écoliers âgés de 10 à 13 ans y apprennent également l’italien, dans le cadre d’un programme initié par la Société Dante Alighieri, qui travaille de concert avec les ONG Terre des hommes Italie, al-Mobader Association et al-Qadisyeh Group. Le 29 juillet, Alessandro Masi, secrétaire général de Dante Alighieri venait au Liban pour l'inauguration officielle du programme.


Le camp de Beddaoui, particulièrement touché par la crise du camp voisin de Nahr el-Bared en 2007, avait dû faire face à l’afflux d’un grand nombre de réfugiés. Si les Nations unies sont présentes dans la zone pour apporter un soutien aux populations, leurs conditions de vie comme leurs perspectives d’avenir demeurent précaires.

« Les bénévoles essayent de faire de cette zone quelque chose dont les enfants puissent tirer des bénéfices. Avec le projet “Limes”, on travaille à améliorer leur niveau éducatif, à les ouvrir à une autre culture. Pour eux, ça peut signifier un espoir de lendemain et la possibilité de partir à l’étranger », explique Cristina Foti, directrice de la Société Dante Alighieri au Liban.
Le programme, lancé fin juin, devrait s’étaler sur six mois et vise à initier les enfants à l’italien autant qu’à les soutenir dans leur parcours scolaire. Il vient s’ajouter aux autres activités du centre communautaire, qui reçoit le soutien de l’Unicef et de l’Unrwa, et développe en partenariat avec des ONG des programmes éducatifs, des ateliers pour les jeunes, et une aide psychologique et sociale, assurée par l’ONG al-Jana.



« Changer la vie »
Cristina Foti, qui insiste sur le rôle de l’Italie comme acteur de pacification au Liban, ajoute : « Il s’agit aussi de changer leur vie à travers la culture comme instrument de paix. »
De fait, la Société Dante Alighieri, qui œuvre à Tripoli à la fois comme centre culturel et comme centre d’études, est également engagée auprès des Forces intérimaires des Nations unies au Liban (Finul).

Souhaitant promouvoir les échanges interculturels par des biais linguistiques, elle organise à l’origine des cours de langue destinés pour la plupart aux étudiants qui souhaitent apprendre l’italien afin de poursuivre des études en Italie. Elle délivre le certificat Plida (l’équivalent du DALF en France), qui permet aux étudiants de justifier de leur niveau de langue afin d’obtenir un visa pour le pays, et les accompagne par la suite avec des bourses délivrées au mérite.

Si le projet « Limes » est encore expérimental et attend d’avoir fait ses preuves dans le camp de Beddaoui, il pourrait bientôt étendre le champ d’action de l’organisme italien, et permettre à une prochaine génération d’enfants palestiniens de quitter les frontières du camp pour rejoindre l’autre rive de la Méditerranée.


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Eleni Caridopoulou

C'est une belle langue pas facile si on veut bien la parler et la comprendre

Eleni Caridopoulou

C'est une belle langue pas facile si on veut bien la parler et la comprendre

Stes David

Bonne initiative, mais en géneral l'enseignement de l'italien c'est une bonne chose, pas seulement pour les palestiniens bien-sûr.

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