C’est une question légitime, vu ce fourbi pseudo-démocratique qui nous sert de dirigeance et qui dégénère au fil du temps en une « société alépine » patentée et à irresponsabilité illimitée (cherké halabiyyé : expression libanaise désignant un ramassis de corniauds qui s’entendent pour faire des affaires et où chacun tente de tirer le drap de son côté pour avoir la part du lion en marchant sur la tête des autres).
Au vu de la situation bien grave que nous subissons dans ce pays aux carrières multiples et qui est devenu une gigantesque décharge à ciel ouvert – quoiqu’une bonne partie des détritus sévit dans les institutions et l’administration libanaises –, il faut quand même penser à l’avenir, le planifier, doter le pays d’un système politique adéquat et espérer que les générations futures sauront le conserver longtemps.
Assez tôt dans l’histoire du Liban, des penseurs, des écrivains et des figures de la politique se sont rendu compte que le système en place ne sera pas viable à long terme. D’aucuns, tel Antoine Najem, – chrétiens pour la plupart – ont proposé d’instaurer un système fédéral, mais la majorité de la communauté musulmane s’y est toujours opposée, arguant du fait que cela sonnera le début de la partition du pays et que cela servira les intérêts d’Israël. Le système fédéral serait effectivement le système le plus adéquat vu la diversité communautaire et les tracas d’ordre confessionnel, entre autres.
Cependant, vu la mentalité libanaise qui ne semble pas du tout s’arranger, voguant au contraire vers un regain d’« entropie », il faudrait trouver un système qui s’en accommode et qui l’accommode aussi. Ayant passé en revue tous les systèmes disponibles sur le « marché » international, il me semble que le système le plus adéquat devrait être une forme d’anarchie.
Je donne ci-dessous une définition par trop grossière et brève de l’anarchie, car celle-ci est diversifiée et que l’on a trop tendance à croire que c’est le plus souvent des bandes de voyous qui cassent tout sur leur passage avec des pavés déterrés pour chercher la plage en dessous. Sachez d’ores et déjà que l’anarchie n’est pas vraiment un système politique, ce n’est pas l’absence de gouvernement menant au désordre et à la confusion, ce n’est pas une utopie.
L’anarchie est une forme d’organisation politique dans laquelle les citoyens s’autogouvernent directement au moyen de délibérations consensuelles et sans recours à une autorité dotée d’appareils coercitifs. Tous les membres peuvent participer directement au processus de prise de décision qui est délibératif et collectif car c’est une gouvernance où l’objectif recherché est l’atteinte du consensus unanime. Il y règne le primat de la liberté individuelle dans un cadre bien défini respectant la liberté d’autrui. C’est donc un humanisme.
Utopie ! me diriez-vous en vous esclaffant, car vu le bestiau qu’est le Libanais moyen, on peut rêver. D’accord, je ne dis pas que ce sera facile. On pourrait commencer par une « anarchie contrôlée » du genre : « Tu peux tirer en l’air durant les occasions comme le Mondial, mais en pointant tes canons vers la mer pour éviter de causer des malheurs du côté opposé. »
Ensuite, et progressivement, il faudra sensibiliser le citoyen à cette forme de système, l’enseigner à l’école, à l’université, en entreprise, voire en famille, et faire en sorte qu’il s’ancre dans son esprit (et en faire une marque déposée).
Parmi les formes d’anarchie qui pourraient correspondre à l’état d’esprit du Libanais figurent les suivantes : plurarchie, collégarchie, popularchie, communautérarchie, bananarchie, mais surtout hétérarchie.
Si vous en trouvez d’autres, vous pouvez les proposer. Merci.
Nos lecteurs ont la parole - Serge Gélalian
Quel système politique pour le Liban ?
OLJ / le 03 juillet 2018 à 00h00


et donc, ziad rahbani n'en est que le symbole vivant tant ses sorties versent dans le non-sens- dans le sens que ca sonne sinon vide du moins incoherent. imaginons donc le Liban actualisant cette ideolgie? mais elle ressemblera a 100% a celles-ideologies au pluriel- qui sont pratiquees de nos jrs. c a d chacune des parties interprete les lois a sa convenance, ce serait alors le puple qui le ferait au lieu de qqs 500 personnes qui le font actuellement
10 h 37, le 06 juillet 2018