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Syrie : les rebelles du Sud divisés sur un accord avec le régime et Moscou

AFP
02/07/2018

Les rebelles dans le sud de la Syrie sont profondément divisés lundi sur un règlement proposé par Moscou, allié du régime syrien, imposant de fait leur capitulation et le retour des zones insurgées sous contrôle gouvernemental.

Les négociations menées avec des représentants des groupes rebelles et des notables dans la province de Deraa ont permis ces derniers jours au régime de reprendre le contrôle de plusieurs localités, en échange d'un arrêt des hostilités amorcées le 19 juin contre les zones insurgées du Sud. Avec ces capitulations, les forces loyales au pouvoir de Bachar el-Assad ont pris le contrôle de 60% de la province, contre 30% avant l'assaut.

Mais dans un communiqué publié lundi, les représentants civils au sein de la délégation de l'opposition ont annoncé s'être retirés des pourparlers. "Nous n'avons pas participé aux négociations aujourd'hui, nous n'avons pris part à aucun accord et nous ne le ferons jamais", a indiqué le communiqué, signé par le négociateur Adnane Moussalima. Le texte accuse certains acteurs de la rébellion de chercher à protéger leurs propres intérêts à travers les accords conclus avec les Russes.

Lundi, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé des "divisions au sein des groupes rebelles" concernant les conditions mises en avant par la Russie. Les accords prévoient notamment l'abandon par les rebelles des armes lourdes et moyennes, le retour des institutions étatiques dans les zones insurgées, en contrepartie d'un retour des familles déplacées dans leurs localités, sous la protection de la police militaire russe. Les forces du régime prendraient également le contrôle du poste frontalier de Nassib avec la Jordanie et se déploieraient le long de la frontière avec le plateau du Golan, dont une partie est annexée par Israël, a indiqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Samedi, le régime avait pris le contrôle de huit localités, suivies de cinq autres dimanche, y compris la ville-clé de Bosra al-Cham. Elles étaient tenues par Chabab al-Sunna, l'une des factions les plus puissantes du Sud.

Les accords ont suscité des critiques acerbes à l'égard du groupe rebelle et de son leader Ahmad Al-Awdeh, qualifié de "traître" lundi sur Twitter par plusieurs opposants et groupes insurgés.

L'offre russe ne prévoyant pas de transfert de population vers d'autres zones insurgées, comme cela a pu être le cas par le passé, de nombreux habitants craignent arrestations et représailles avec le retour du régime, a indiqué à l'AFP un militant de la province de Deraa, Omar Hariri.

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