X

La Dernière

Des bijoux pour l’Ève nouvelle

Mode


29/06/2018

« It’s a jungle out there », annonçait le carton d’invitation de l’exposition, illustré d’une toile d’Henri Rousseau, Le Rêve : une femme nue, étendue sur un canapé rouge, entourée de fleurs de lotus géantes. Dans le feuillage luxuriant, des animaux qu’on devine, ainsi qu’un joueur de flûte avalé par l’ombre et dont on ne distingue que le pagne aux couleurs vives.

Cette jungle onirique est précisément celle que la créatrice de bijoux Nada Zeineh a voulu animer à travers sa nouvelle collection de bijoux lancée dans le cadre de la Beirut Design Week mardi dernier. Clairement, elle l’adresse à la nouvelle Ève de l’ère informatique, dans l’espoir de remettre un peu de poésie là où les pixels ont tout envahi. « Nous vivons dans une jungle d’informations et d’images, une jungle virtuelle envahissante... D’où mon désir de retour aux choses simples et primitives : la vraie jungle, celle de la nature, la jungle rêvée. La nouvelle collection “It’s a jungle out there” est directement inspirée du Rêve du douanier Rousseau. Elle est, comme ce tableau, animée de feuilles et de fleurs géantes, d’insectes colorés et de gentils animaux sauvages », précise la créatrice.

La vision de Nada Zeineh se traduit en évocations florales et animalières : petits serpents tressés dans une chaîne d’or en épi, ornés d’un rang de turquoises. Serpents à sonnettes, littéralement, puisque leur silhouette se termine par des perles libres évoquant les grelots ; crocodiles placides attachés à des chaînes trombones ; feuilles de palmier dorées enlaçant le poignet, boucles d’oreille de fleurs inconnues émergeant de bourgeons au secret d’émeraude, ou œillets en œillets dorés de papeterie, brodés sur des ronds de toile de couleur vive.

Architecte de formation, Nada Zeineh a commencé sa vie professionnelle en créant la scénographie du musée du Savon de Saïda et celle du musée de l’Université américaine de Beyrouth. Par la suite, entre deux chantiers, elle s’est lancée dans la confection de bijoux, histoire d’explorer divers matériaux comme la terre cuite dorée à la feuille d’or, ou des fils et des plaques de laiton tissés, tordus, martelés et trempés dans de l’or. En 2004, elle ouvrait son showroom et créait son label « Nounzein ». Depuis lors, elle se consacre exclusivement à la création de bijoux et de petites sculptures, mobiles, stabiles ou petites tables. Chaque pièce est pour elle un projet à part entière, né d’un rêve, d’un souvenir, d’une « mémoire collective ».

Son travail s’inspire des formes géométriques abstraites inhérentes à sa formation d’architecte et à la culture du Moyen-Orient. Les civilisations gréco-romaines ou islamiques, ainsi que la faune, la flore ou les bijoux ethniques de la région sont les divers éléments de cette mémoire qu’elle réinterprète pour créer des pièces simples, légères, ludiques et intemporelles.



Lire aussi

L’homme Dior par Kim Jones, la nature pour préférence

À la une

Retour à la page "La Dernière"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué