Le président de la République prononçant son allocution, hier, à l’Escwa. Photo Dalati et Nohra
En lançant hier les travaux de la 30e session ministérielle de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (Escwa), le président de la République, Michel Aoun, a saisi l’occasion de réitérer son appel à la communauté internationale pour aider le pays à trouver une solution à la crise des déplacés syriens.
« Nous sommes déterminés à trouver les solutions qui mettraient un terme aux problèmes des déplacés et nous souhaitons que les communautés arabe et internationale nous aident à réaliser cet objectif en aidant les déplacés à retourner chez eux le plus tôt possible », a déclaré M. Aoun, lors de la cérémonie d’ouverture de la session au siège de l’organisme onusien, en présence d’une foule de personnalités libanaises et étrangères, notamment le ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Ghaith, de hauts responsables de l’Escwa et des ambassadeurs de pays arabes et étrangers.
« Nous reconnaissons la dimension humanitaire de la souffrance des déplacés, mais il s’agit d’un problème qui dépasse la capacité du Liban à en supporter les charges économiques, financières et sociales », a ajouté le chef de l’État, indiquant que « le prix à payer qu’on impose au Liban est élevé, d’autant que le pays affronte des circonstances difficiles et exceptionnelles ».
M. Aoun a ensuite salué les participants à la session pour « les efforts fournis en vue d’élever le niveau de vie de l’homme dans les sociétés arabes à travers la lutte contre la faim et la pauvreté, et pour l’expansion de l’enseignement et la protection sanitaire ». Il a noté à cet égard que « la réunion de l’Escwa en vue de favoriser un développement durable et global du monde arabe survient à un moment où les forces du mal conjuguent leurs efforts pour désintégrer les pays arabes, plaçant un grand nombre de citoyens de ces pays entre le choix de la mort ou d’une vie misérable dans les camps de réfugiés ».
Régler leur compte aux corrompus
Dans ce sillage, M. Aoun s’est penché sur la situation économique du pays, exprimant sa détermination à « affronter les crises cumulées depuis un demi-siècle, qui ont creusé un écart endémique entre les revenus de l’État et ses dépenses ». Un fait, a-t-il dit, qui a abouti à l’augmentation de la dette publique, sous laquelle ploie l’économie nationale. « Or il ne manque rien au pays pour parvenir aux meilleurs résultats économiques », a-t-il estimé, révélant « l’élaboration de plans efficaces illustrée par une feuille de route en vue de parvenir à une économie productive ». Et d’indiquer les moyens pour réaliser ces réformes, notamment « la collecte des revenus de l’État et l’augmentation des projets d’investissement ». M. Aoun a dans ce cadre réitéré sa volonté de mettre un terme à la corruption, précisant que « l’heure du règlement des comptes avec les corrompus a sonné ». « Aucun laxisme ne sera toléré à l’égard de ceux qui veulent réaliser des bénéfices illicites en enfreignant les règles morales et légales et en empiétant sur les droits de l’État », a-t-il ajouté.

