La ministre française chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a affirmé lundi que c'était "à l'Italie" de prendre en charge le bateau humanitaire Lifeline, bloqué au large de Malte avec 239 migrants à bord.
"La France rappelle le droit international: lorsque vous avez un bateau et que vous faites du sauvetage en mer, c'est le cas des passagers du Lifeline, vous les débarquez sur le port sûr le plus proche (...) c'est Malte ou c'est l'Italie", a déclaré la ministre à l'antenne de la chaîne France 2. "Techniquement, pratiquement, c'est à l'Italie de le prendre", a-t-elle insisté. "Ca n'arrange pas tout le monde, c'est le droit international, et on n'est pas là pour remplacer le droit par la loi de la jungle", a-t-elle poursuivi.
"En revanche, on ne peut pas dire à Malte et à l'Italie +débrouillez-vous tous seuls+", a-t-elle souligné, plaidant pour "une présence massive de l'Europe dans les ports italiens pour venir interviewer les passagers".
La France a dépêché en Espagne des agents pour entendre les migrants du navire humanitaire Aquarius, refoulé par l'Italie et finalement accepté par l'Espagne la semaine dernière. Paris a subi de nombreuses critiques pour ne avoir offert de l'accueillir. "Il n'y a en ce moment pas une crise des migrations, (...) il y a une crise politique parce qu'il y a des populistes (...) qui tirent ce prétexte pour mettre en difficulté l'Union européenne parce qu'ils détestent le projet européen", a insisté la ministre.
Le navire de l'ONG allemande Lifeline a été bloqué au large de Malte avec 239 migrants à son bord, l'Italie puis Malte lui ayant refusé l'accostage. "Le silence" du président "Emmanuel Macron face à l'appel du Lifeline bloqué en Méditerranée fait honte à la France. Agir avant de donner des leçons de solidarité à tout le monde", a dénoncé de son côté la députée communiste Elsa Faucillon sur Twitter.
"Pour éviter un appel d'air migratoire dangereux et incontrôlable j'appelle @EmmanuelMacron à faire preuve de la même responsabilité que l'#Italie en refusant d'accueillir le navire #lifeline et ses migrants instrumentalisés par une #ONG", a au contraire tweetté l'élu Les Républicains (droite) Eric Ciotti. "Il faut ramener les migrants du #Lifeline à leur port de départ. Arrêtons d'inciter les passeurs, qui font de la traite d'êtres humains", a renchéri la présidente du Rassemblement national (extrême droite) Marine Le Pen.
Selon des propos rapportés par la radio RTL lundi, le représentant de l'ONG, Axel Steier, a déclaré que le Lifeline allait, après l'Allemagne, l'Italie, Malte et l'Espagne, demander à la France d'accueillir le navire.
"Techniquement, pratiquement, c'est à l'Italie de le prendre", a-t-elle insisté. "Ca n'arrange pas tout le monde, c'est le droit international, et on n'est pas là pour remplacer le droit par la loi de la jungle", a-t-elle poursuivi. "En revanche, on ne peut pas dire à Malte et à l'Italie...

