Le siège de la Banque des règlements internationaux à Bâle, en Suisse. Archives AFP
La Banque des règlements internationaux (BRI) exhorte les grandes banques centrales à poursuivre le processus de remontée des taux d’intérêt mais observe aussi que le contentieux commercial entre les États-Unis et la Chine représente un risque sérieux pour la croissance économique mondiale.
L’économie mondiale a connu plusieurs moins tendus et le rallye des marchés financiers de l’an passé a été stoppé net par la guerre des droits de douane qui commence à s’installer entre les États-Unis, à l’initiative de leur président Donald Trump, la Chine et, à présent, l’Union européenne (UE). « Nous entrons dans une dynamique dangereuse où ce genre de problème (de protectionnisme) commence à avoir des effets secondaires sur le marché des changes et les flux financiers », a dit Agustin Carstens, ex-gouverneur de la Banque centrale du Mexique, devenu président de la BRI. « Nous risquons d’ouvrir une spirale dangereuse qui peut à un moment ou à un autre vraiment affecter la croissance de l’économie mondiale et la stabilité financière », a-t-il ajouté, en marge de la présentation du rapport annuel de la BRI.
Néanmoins, la BRI parie toujours pour le moment sur une amélioration de la situation de l’économie mondiale pour autant qu’il n’y ait pas d’escalade des tensions commerciales et d’envolée des coûts d’emprunt. C’est pourquoi elle approuve par exemple la Réserve fédérale, qui poursuit son cycle de remontée des taux d’intérêt, et la Banque centrale européenne (BCE) qui a décidé de normaliser une politique monétaire ultra-accommodante mise en place en temps de crise financière. « Je pense qu’il est important que la normalisation se fasse progressivement », a observé M. Carstens, jugeant notamment le rythme de hausse des taux imprimé par la Fed « adapté ». « Des politiques (monétaires) non conventionnelles ont eu leur utilité pour nous amener là où nous sommes (...) mais elles ont eu un prix, à savoir que des zones vulnérables se sont développées dans les marchés financiers ».
Ainsi, les rallyes boursiers se sont traduits parfois par des valorisations exagérées et les « spreads » des marchés obligataires ont nettement rétréci, tandis que les prix de l’immobilier de certaines petites économies ouvertes qui ont été épargnées par la crise financière voici une dizaine d’années sont à présent très élevés. « Si les banques centrales attendent plus longtemps avant de normaliser, il est fort probable que ces déséquilibres vont continuer de croître et que le risque d’instabilité financière sera à l’avenir plus intense. » Pour autant, ce processus de normalisation sera source de volatilité sur les marchés financiers. « L’important est que cette volatilité n’échappe pas à tout contrôle », note M. Carstens.
Source : AFP

