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Bahreïn : acquittement du chef de l'opposition, accusé d'"intelligence" avec le Qatar, annonce des militants

Des supporters du chef de l'opposition chiite à Bahreïn, cheikh Ali Salmane, tenant sa photo lors d'un rassemblement de protestation contre son arrestation, dans la localité de Zinj, dans la banlieue de Manama, en 2016. AFP / Mohammed Al Shaikh

Le chef de l'opposition chiite à Bahreïn, cheikh Ali Salmane, qui était poursuivi pour "intelligence" avec le Qatar, a été acquitté jeudi pour cette affaire, dans ce qui peut constituer un signe d'ouverture dans un climat politique lourd.
Cheikh Salmane est détenu depuis 2014 dans le cadre d'une autre affaire pour laquelle il a été condamné à quatre ans de prison. 

"Cheikh Ali Salmane a été reconnu innocent", a déclaré à l'AFP un militant, cheikh Maytham al-Salmane, du Bahrain Center for Human Rights (BCHR). Cette information a été confirmée par d'autres militants. Cheikh Maytham a dit espérer "que cet acquittement ouvrira la voie au dialogue et à la réconciliation" à Bahreïn, secoué par des violences périodiques depuis 2011 et où le pouvoir a réprimé l'opposition. 

L'agence officielle BNA n'a pas fait état du verdict et la presse proche du régime l'a mentionné brièvement, sans donner les attendus du jugement, à savoir si le tribunal a conclu à une insuffisance des preuves ou à un vice de forme.
Dans un communiqué, le procureur général Oussama al-Oufi s'est déclaré mécontent du verdict, soulignant notamment que la défense n'avait pas contesté de façon convaincante les preuves. Il n'a pas précisé dans un premier temps ses intentions, mais annoncé d'intention d'interjeter appel, dans une version complétée du communiqué. Une source judiciaire a précisé que l'acquittement concernait également deux des adjoints de cheikh Ali Salmane, Hassan Sultan et Ali al-Aswad, jugés par contumace. Les trois hommes, jugés depuis novembre, avaient été accusés d'"intelligence avec le Qatar" en vue de "commettre des actes de nature à porter atteinte à la position de Bahreïn". Ils avaient été également accusés d'avoir "reçu des sommes d'argent (du Qatar) en contrepartie d'informations sur la situation intérieure de Bahreïn et de la transmission de secrets militaires".
Ces accusations ont résulté d'une enquête ouverte contre cheikh Ali Salmane et ses adjoints sur ses liens avec le Qatar après l'embargo décrété contre l'émirat par quatre pays arabes, dont l'Arabie saoudite, qui l'accusent de "soutenir le terrorisme" et de se rapprocher de l'Iran. 

Libérable en décembre 
L'enquête a été ouverte sur la base d'une conversation téléphonique datant de 2011 entre l'opposant bahreïni et l'ancien Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassen Al-Thani.
Le chef de l'opposition bahreïnie, dont le mouvement Al-Wefaq a été dissous, avait été arrêté en 2014 dans le cadre d'une autre affaire, sous des accusations d'"incitation à la haine". Il avait alors été condamné à quatre ans de prison. 

Dans un communiqué, Amnesty International, qui a salué le verdict de jeudi, a indiqué que cheikh Ali Salmane serait libérable dès le 28 décembre prochain.

Le petit royaume de Bahreïn, siège de la Ve Flotte des Etats-Unis, mène depuis 2011 une sévère répression contre les représentants de la majorité chiite qui demandent des réformes et le respect des droits de l'Homme. La dynastie sunnite au pouvoir nie toute discrimination envers les chiites et accuse l'Iran voisin d'attiser les tensions, ce que dément Téhéran.
Depuis les manifestations de 2011, des mouvements d'opposition ont été dissous et des dizaines de dissidents emprisonnés et/ou déchus de leur nationalité. 

L'opposant Nabil Rajab a été condamné le 5 juin en appel à cinq ans de prison pour des tweets dénonçant la guerre au Yémen et des cas présumés de torture à Bahreïn.

L'opposant chiite, qui a souffert en prison de problèmes de santé, avait déjà été condamné en juillet 2017 à deux ans de prison dans une autre affaire pour "propagation de rumeurs et de fausses nouvelles" lors d'interviews télévisées critiquant le pouvoir à Bahreïn.

De nombreuses organisations de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), se sont fortement mobilisées pour obtenir sa libération. Le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al-Khalifa, a interdit le 11 juin aux dirigeants et membres des mouvements politiques dissous de se présenter aux législatives, à quelques mois du scrutin prévu à l'automne.

Le chef de l'opposition chiite à Bahreïn, cheikh Ali Salmane, qui était poursuivi pour "intelligence" avec le Qatar, a été acquitté jeudi pour cette affaire, dans ce qui peut constituer un signe d'ouverture dans un climat politique lourd.
Cheikh Salmane est détenu depuis 2014 dans le cadre d'une autre affaire pour laquelle il a été condamné à quatre ans de prison. "Cheikh Ali Salmane a été reconnu innocent", a déclaré à l'AFP un militant, cheikh Maytham al-Salmane, du Bahrain Center for Human Rights (BCHR). Cette information a été confirmée par d'autres militants.
Cheikh Maytham a dit espérer "que cet acquittement ouvrira la voie au dialogue et à la réconciliation" à Bahreïn, secoué par des violences périodiques depuis 2011 et où le pouvoir a réprimé l'opposition. L'agence officielle BNA n'a pas...