La députée Paula Yacoubian à la décharge de Bourj Hammoud mardi soir. Photo ANI
Nouveau scandale dans le dossier épineux de la gestion des déchets ménagers. La députée Paula Yacoubian, qui s’est rendue mardi soir à la décharge de Bourj Hammoud, a affirmé avoir repéré et arrêté le travail de trois camions qui déversaient des déchets non triés, en violation de l’accord entre le gouvernement et la société chargée de trier les déchets. Les déclarations de Mme Yacoubian ont suscité des réactions et des clarifications de la part de la société Dany Khoury, chargée de réhabiliter la décharge, du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), ainsi que du ministre de l’Environnement, qui se sont employés hier à se renvoyer la balle.
Mme Yacoubian s’était rendue à la décharge afin de vérifier des informations selon lesquelles la société Khoury déversait quotidiennement des déchets non triés entre 19h et 4h. Elle était accompagnée de policiers de la municipalité de Bourj Hammoud et de membres des services de renseignements de l’armée. Le groupe a réussi à bloquer les camions, après avoir demandé aux conducteurs de révéler le contenu de leur chargement, confirmant ainsi les soupçons de Mme Yacoubian.
L’entreprise de Dany Khoury avait remporté l’appel d’offres lancé par le CDR pour construire une digue maritime, traiter la montagne de déchets et mettre en place une décharge sanitaire côtière temporaire à Bourj Hammoud.
« Je vais désormais aller voir les responsables concernés avec des images et des vidéos, en espérant qu’un jour je serai en mesure de prouver l’implication des politiciens qui sont payés pour fermer les yeux sur toutes les violations qui sont commises », a promis Mme Yacoubian, unique représentante de la société civile au Parlement. Elle a souligné que la résolution de la « catastrophe environnementale » du pays commence par l’arrêt du déversement de déchets dans la mer et l’amélioration des conditions stipulées dans le contrat entre le gouvernement et la société Khoury.
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À qui la responsabilité ?
« La société Khoury n’est pas responsable des opérations de tri et de traitement des déchets qui sont transportés vers la décharge de Bourj Hammoud, car le CDR a chargé un autre prestataire de le faire », a répondu hier la compagnie à Mme Yacoubian, par le biais du bureau de son avocat, Me Marc Habka. « La députée Paula Yacoubian aurait intérêt à lancer ses accusations contre les responsables concernés et à ne pas insister à impliquer la société Khoury dans cette affaire », poursuit la compagnie.
Il y a une semaine, la société Khoury avait déjà répondu aux multiples déclarations de Mme Yacoubian par le biais du bureau de son avocat, la menaçant « d’une action en justice pour diffamation » et démentant « jeter les déchets à la mer ». Répondant aux déclarations de la députée selon lesquelles les déchets sont jetés tels quels dans la mer, la société a indiqué que les nouveaux déchets, d’un volume de 1 400 tonnes par jour, parviennent à la décharge dans des ballots et sont enfouis dans des cellules « comportant trois couches isolantes », soulignant que « le lixiviat (liquide se dégageant des déchets) est acheminé à travers des canalisations vers des stations d’épuration ».
Le CDR a, pour sa part, précisé hier dans un communiqué qu’il appliquait le plan approuvé par le gouvernement le 17 mars 2017, en vertu duquel sont prévus entre autres la collecte, le déblayage et le transport des déchets des rues vers les sites de tri dans le secteur de La Quarantaine et de Amroussié. Le CDR a également rappelé les autres missions prévues par le plan gouvernemental.
Dans un commentaire hier à la radio Voix du Liban 93,3, le ministre de l’Environnement, Tarek el-Khatib, a indiqué hier qu’il suivait le dossier de près « pour s’assurer si des infractions ont été commises par le prestataire » (sans préciser s’il s’agissait de la société Khoury ou du prestataire chargé du tri des déchets). « Le ministère de l’Environnement n’a jamais couvert ni ne couvrira d’infractions dans ce cadre et si celles-ci sont avérées, nous allons demander au parquet environnemental de prendre les mesures nécessaires », a-t-il dit. « Le ministère avait enregistré des remarques techniques sur la décharge qu’il avait signalées au CDR et toutes les remarques seront envoyées au CDR, car c’est lui qui a nommé les consultants suivant une décision du gouvernement », a poursuivi le ministre.
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Vraiment aucun espoir, dans ce pays, que quelque chose fonctionne normalement, selon les règles et les engagements des: -responsables du gouvernement, ministres -sociétés engagées par ce gouvernement, etc. ? Allons-nous rester un des pays les plus sales en tout et brillant par sa corruption généralisée ? Irène Saïd
08 h 33, le 21 juin 2018