Des diplomates du monde entier ont défendu mercredi le Conseil des droits de l'homme (CDH) de l'ONU après le retrait américain de cette instance que Washington a qualifiée de "cloaque" anti-Israël.
L'ambassadeur slovène Vojislav Suc, qui préside actuellement le Conseil, a décrit cette chambre basée à Genève comme le meilleur endroit pour agir sur des crises menaçant les droits humains.
"Laissez-moi vous dire très clairement que si les questions de droits de l'homme n'étaient pas discutées ici, dans cette pièce, elles auraient peu de chance d'être traitées efficacement n'importe où ailleurs", a-t-il dit lors de la 38e session du Conseil, au lendemain du retrait américain.
M. Suc a ensuite fait l'éloge de cette instance, composée de 47 membres élus pour 3 ans, "seul organe intergouvernemental chargé des questions des droits humains dans le monde".
L'ambassadeur a ajouté que dès qu'il serait informé officiellement du départ des Etats-Unis, il fera retirer le siège de la délégation américaine et organisera avec l'Assemblée générale de l'ONU à New York l'élection d'un nouveau membre.
La Chine, qui a à de multiples occasions exprimé son soutien aux institutions multilatérales abandonnées par le président américain Donald Trump, a présenté le Conseil comme "un organe majeur (...) pour promouvoir la réalisation des droits humains".
"Toutes les délégations lui attachent une grande importance", a dit l'ambassadeur chinois auprès de l'ONU à Genève, Yu Jianhua.
Les groupes de défense des droits de l'homme accusent régulièrement la Chine de chercher à étouffer les critiques formulées à son encontre au sein du Conseil.
L'Union européenne s'est déclarée "résolument engagée dans le Conseil des droits de l'homme" et a ajouté qu'elle allait continuer à essayer de régler les problèmes de cet organe malgré le retrait américain.
Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé le "cynisme grossier" des Etats-Unis et leur "mépris" envers les Nations Unies.
La décision a été annoncée mardi soir par le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo et l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Nikki Haley.
Ils ont expliqué que leurs demandes répétées de changement au sein du Conseil, pour qu'il abandonne son "hypocrisie" et son parti pris contre Israël, n'avaient pas été entendues.
Le CDH a été créé en 2006 pour promouvoir et protéger les droits de l'homme à travers le monde mais ses rapports ont souvent contredit les priorités américaines.
En particulier, le fait qu'Israël soit le seul pays au monde ayant un point fixe (appelé point 7) à l'ordre du jour de chaque session, soit trois fois par an, suscitait la colère des Etats-Unis.
Mais selon des experts et des diplomates, le retrait des Etats-Unis, qui faisaient barrage à toute condamnation d'Israël, pourrait conduire à une multiplication de demandes d'enquête sur la politique israélienne dans les Territoires Palestiniens occupés.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine