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Bangladesh: les Rohingyas célèbrent la fin du Ramadan dans les camps de réfugiés

AFP
16/06/2018

Des réfugiés membres de la minorité musulmane des Rohingyas entassés dans de vastes camps de tentes au Bangladesh ont célébré samedi la fête du Fitr en demandant, lors d'une manifestation pacifique, leur rapatriement dans des conditions dignes en Birmanie. C'est la première fois que des centaines de milliers de Rohingyas, qui ont fui en août 2017 les exactions de l'armée birmane, célèbrent dans les camps de réfugiés du Bangladesh cette fête qui marque la fin du mois de jeûne du Ramadan.

Rahim Uddin, 35 ans, qui réside dans le vaste camp de Kutupalong dans le district de Cox's Bazar, a confié à l'AFP que cette fête de l'Aïd était différente de celles qu'il avait connues. "Mais Dieu soit loué, nous avons au moins un endroit pacifique où nous pouvons rester et célébrer (la fête du Fitr). Nous pouvons nous rendre dans les mosquées sans aucune interruption", s'est-il félicité.

Les mosquées du camp étaient bondées samedi matin, les réfugiés, qui vivent dans des conditions extrêmement précaires, priant en particulier pour être épargnés face aux risques d'inondations et de glissement de terrain provoqués par les pluies de mousson qui les menacent. Plusieurs centaines de réfugiés ont participé à une manifestation pour demander à l'ONU de leur assurer un rapatriement en Birmanie dans des conditions dignes et en sécurité.

Le chef de la communauté Mohammad Mohibullah a déclaré à l'AFP que les réfugiés souhaitaient que l'ONU associe "un représentant des Rohingyas à l'accord" sur la procédure de rapatriement. Le 6 juin, L'ONU avait annoncé avoir signé un accord avec la Birmanie lui permettant d'accéder aux régions d'où sont originaires les réfugiés Rohingyas. Les agences de l'ONU doivent y procéder lors d'une première phase, à une évaluation de la situation. Près d'un million de réfugiés rohingyas vivent dans une misère noire dans les vastes camps de tentes au Bangladesh. 

En quelques mois, 700.000 personnes avaient fui à partir d'août 2017 une campagne de l'armée birmane considérée par l'ONU et les Etats-Unis comme une épuration ethnique, s'ajoutant à ceux qui s'étaient déjà réfugiés au Bangladesh à la suite de précédentes exactions.  Malgré les difficultés, les réfugiés ont tenu à offrir des cadeaux ou à préparer des desserts traditionnels pour les enfants à l'occasion de la fête. "J'ai vendu des rations au marché pour acheter de nouveaux vêtements pour mes enfants. Ils sont très contents", déclare Manu Mia. Gul Meher, 80 ans, a préparé des vermicelles appelés "semai" pour son fils et ses quatre petits-enfants. "Je suis très heureuse, bien que nous n'ayons réussi à cuisiner qu'une très petite quantité, uniquement pour mes petits-enfants", sourit-elle.

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