Le Synode de l’Église maronite a appelé samedi au retour "sécurisé" des plus d'un million de réfugiés syriens au Liban et s'est dit pour une révision du décret de naturalisation, qui a récemment provoqué un tollé du fait de la présence de nombreux Palestiniens et Syriens parmi les bénéficiaires.
"Il est impératif d'encourager le retour sécurisé des réfugiés syriens sans les dissuader de le faire pour des raisons politiques", a affirmé le Synode lors d'un point de presse.
Le ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, est en conflit ouvert avec le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR) qu'il accuse d'entraver le retour volontaire des réfugiés syriens dans leur pays. Il a gelé la semaine dernière les procédures de renouvellement des permis de séjour des employés de l'agence, laquelle estime que tout retour en Syrie est prématuré, mais assure ne pas s'opposer à des retours volontaires. Jeudi, après une rencontre à Genève avec le chef du UNHCR Filippo Grandi, M. Bassil a affirmé qu'il ne cherchait pas des ennuis avec l'organisme onusien et qu'il était prêt à suspendre, sous conditions, ses mesures portant sur les permis de séjour. Selon un communiqué de l'agence publié vendredi, M. Grandi a assuré au chef de la diplomatie libanaise que "la politique de l'ONU n'est pas d'encourager le retour des réfugiés dans la période actuelle, sauf pour ceux qui le souhaitent, conformément aux positions de M. Bassil".
En outre, le Synode de l’Église maronite a "demandé à rectifier le décret de naturalisation" en vertu duquel quelque 400 personnes ont obtenu la nationalité libanaise le 11 mai. Lundi, le patriarche Béchara Raï avait demandé aux responsable libanais de retirer le décret controversé.
Le ministère de l'Intérieur avait publié le 7 juin ce document, après un mutisme des autorités puis une confusion qui a régné durant les derniers jours. Parmi les personnes ayant obtenu la nationalité libanaise grâce à ce décret, l'écrasante majorité sont Palestiniens et Syriens. D'autres sont détenteurs de nationalités française, américaine, britannique, canadienne, suisse, ou encore suédoise. Quelques uns sont Saoudiens, Jordaniens, Tunisiens ou Irakiens.
Enfin, le Synode de l’Église maronite a appelé "à la formation d'un nouveau gouvernement le plus vite possible, dans un esprit de responsabilité nationale, loin de tout partage des parts".
Saad Hariri, le Premier ministre désigné après les élections législatives du 6 mai dernier, n'a toujours pas réussi à former son gouvernement, en raison des demandes contradictoires des formations politiques.


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