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Liban

Affaire du complexe Dergham : Ghattas Khoury s’explique

Patrimoine
OLJ
06/06/2018

L’affaire du complexe Dergham à la rue Monnot s’est poursuivie hier, cinq jours après l’alerte donnée par L’Orient-Le Jour le 1er juin, pointant du doigt la menace de démolition dont font l’objet les trois bâtisses historiques du complexe. Au lendemain de la décision du gel des travaux de démantèlement des bâtiments prise lundi par le mohafez de Beyrouth, Ziad Chbib, le ministre sortant de la Culture, Ghattas Khoury, a tenu hier une conférence de presse pour donner sa version des faits.

Depuis que le scandale de ce complexe, situé sur le lot 1231, a éclaté au grand jour, M. Khoury fait l’objet de vives attaques puisque c’est lui qui a aboli le décret n°116/2016 émis par son prédécesseur Rony Arayji en vertu duquel le lot en question était placé sur la liste des bâtiments à préserver. En abolissant ce décret, M. Khoury a accordé au propriétaire foncier, un homme d’affaires irakien, le permis de démolir les trois bâtisses, dont deux datent du mandat français et le troisième remonte à une époque plus ancienne encore. Les architectes commissionnés par le ministre auraient considéré que ces constructions ne présentent aucun intérêt architectural et que leurs fondations branlantes constituent un danger public.

Hier donc, M. Khoury a rappelé que « le 3 février 2010, Marcel Keyrouz et Hiba Chawkat ont obtenu un certificat de la Direction générale des antiquités (DGA) indiquant que le lot 1231 ne figure pas sur la liste des immeubles patrimoniaux ». Après avoir acheté le lot, ils ont présenté, « le 4 mars 2010, une demande auprès de la DGA pour démolir les bâtiments ». Cette demande a été rejetée. « Les propriétaires ont alors présenté un recours en invalidation auprès du Conseil d’État qui a publié la décision 356/2016, en vertu de laquelle le recours a été accepté dans le fond et la forme. La décision de démolition a donc, elle aussi, été acceptée », a poursuivi M. Khoury. Après avoir pris connaissance de cette décision, le ministère de la Culture, alors dirigé par Rony Arayji, a décidé d’inscrire ce complexe sur la liste des bâtiments historiques.

M. Khoury a ensuite indiqué que le 17 novembre 2017, le mohafez de Beyrouth a adressé une note accompagnée du rapport des experts qui avaient conclu que les bâtiments qui s’élèvent sur ce lot « menacent de s’effondrer ». « Un avis corroboré par le département technique du mohafazat », a-t-il ajouté, précisant que les propriétaires ont été notifiés de la nécessité de les restaurer. Affirmant que la restauration du complexe était « impossible », ces derniers ont appelé « le ministère à l’exproprier ou à accepter de le démanteler ». Après avoir constaté son état, le ministère a accepté qu’il soit démoli, « à condition de préserver la façade principale, notamment les balcons ». Toutefois, lorsque les travaux ont commencé, « il s’est avéré que les propriétaires ne se sont pas conformés à la décision du ministère de la Culture, le mohafez a alors pris la décision d’arrêter la démolition ».




Communiqué de l’Apsad
Par ailleurs, l’Association pour la protection des sites et des anciennes demeures au Liban (Apsad) a déclaré qu’à son « initiative et en coopération avec l’artiste Khaled Mouzannar, le complexe Dergham (…) a pu être protégé ». Dans un communiqué, elle a expliqué que « par l’intermédiaire de son avocat, Nadim Saïd, elle a présenté un procès pour arrêter sa démolition ». Plus encore, la présidente de l’association, Raya Daouk, a adressé une lettre au mohafez de Beyrouth l’appelant à geler la décision de démolition, « d’autant que la rue Monnot est l’une des dernières rues de Beyrouth à garder son aspect historique aux côtés des quartiers de Abdel Wahab el-Inglizi, Gemmayzé et Mar Mikhaël ». Mme Daouk a également appelé les parties concernées à revoir la décision visant à rayer les bâtisses érigées sur ce lot de la liste des bâtiments historiques, « puisqu’elle est en contradiction avec les critères architecturaux qui ont abouti à sa classification ».

Elle a expliqué que ce bâtiment « occupe une grande partie du coefficient d’exploitation autorisé par la loi et qu’il est possible de le préserver et d’en augmenter la surface sans le démolir, après avoir pris les mesures de sécurité générales ». Et d’affirmer que « la localisation de ce bâtiment est le principal facteur qui incite à le préserver, puisqu’il est situé dans une région de la capitale caractérisée par un tissu architectural homogène qui confère à toute la région une grande valeur historique et foncière ». « De ce fait, sa démolition va à l’encontre de l’intérêt public », précise l’Apsad.

Remerciant le M. Chbib pour sa décision, Mme Daouk l’a appelé à « préserver ce qui reste du patrimoine architectural de Beyrouth qui témoigne de son identité et de sa noblesse ».

Si le complexe a pu être sauvé, du moins temporairement, d’autres anciennes bâtisses de Beyrouth continuent à être démolies à coups de pelleteuses, comme c’est le cas dans le quartier de Saint-Maron…



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POURQUOI AVOIR ABOLI LES DECISIONS DU MINISTRE PRECEDENT ? C,EST LOUCHE !

gaby sioufi

QUI PEUT JURER DE QUOIQUE CE SOIT ?
QUI PEUT PRETENDRE HONNETEMENT POUVOIR PRENDRE PARTIE POUR L'UN OU L'AUTRE ?
entre protection politicienne, corruption civile , ignorance, incapacite , QUI parmi les lecteurs OSERAIT jurer connaitre la verite ?

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