Le président ukrainien Petro Porochenko a défendu la mise en scène, très critiquée, du faux assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko, dans un entretien au quotidien espagnol El Pais publié mardi.
"Ceux qui nous critiquent auraient-ils préféré que les services secrets russes tuent ce journaliste ?", demande dans cet entretien Porochenko, questionné sur cette mise en scène ayant permis selon Kiev de déjouer une vraie tentative d'assassinat du journaliste, critique virulent de Vladimir Poutine. "Si nous devons protéger la liberté de la presse, si nous devons protéger des journalistes, nous devrons employer ce genre de techniques", justifie M. Porochenko.
La police ukrainienne avait annoncé le 29 mai au soir la mort de M. Babtchenko, tué par balle à Kiev, mais le lendemain, les services de sécurité avaient organisé une conférence de presse lors de laquelle le journaliste est apparu vivant.
Les services secrets ukrainiens "ont arrêté le coupable, et dans un futur très proche, ils démontreront d'où" il a "reçu l'argent, les ordres, les listes de journalistes à tuer", assure le président ukrainien dans El Pais.
Questionné sur une liste supposée de 30 journalistes ciblés en Ukraine et dans des États membres de l'Union européenne, Petro Porochenko assure n'avoir pas personnellement informé d'autres gouvernements "mais les services secrets coopèrent entre eux", dit-il.
Petro Porochenko était lundi en visite officielle à Madrid où il a rencontré le nouveau chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez qui "soutient l'intégrité territoriale de l'Ukraine, y compris le refus de reconnaître l'annexion illégale de la Crimée, et veut protéger l'unité territoriale de mon pays à l'est", selon le président ukrainien.


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