La Commission européenne a salué prudemment lundi les propositions de la chancelière allemande Angela Merkel pour réformer la zone euro.
"Ces propositions offrent, à notre avis, un paramètre pour parvenir à un accord sur les sujets majeurs", a estimé le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, questionné lors d'un point presse hebdomadaire à Bruxelles sur les idées détaillées par Mme Merkel dans un entretien dimanche au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.
"La prochaine étape sera le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement (du 29) juin (...) Et nous répétons notre espoir, ou plutôt notre conviction, que le sommet sur l'euro ne sera pas un sommet où l'on discute, mais un sommet où l'on prend des décisions", a dit M. Schinas.
La Commission européenne avait détaillé le 6 décembre sa vision pour réformer la zone euro, emboîtant le pas au président français Emmanuel Macron qui l'avait fait en septembre.
Mme Merkel était longtemps restée silencieuse après avoir éprouvé des difficultés pour former un gouvernement à l'issue de législatives d'où son parti était sorti affaibli.
Parmi les réformes discutées, M. Macron avait proposé un budget spécifique et assez conséquent pour investir, mais aussi stabiliser la zone euro en cas de choc économique.
La Commission européenne a elle proposé un embryon de budget, moins ambitieux, auquel Mme Merkel semble en partie adhérer.
Dans une réaction pour l'AFP aux propositions de Mme Merkel, le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici s'est démarqué des idées de la chancelière allemande sur le visage du Fonds monétaire européen (FME), dont la création est en discussion et qui devrait se substituer au FMI pour aider les pays de la zone euro en crise.
"J'y suis favorable, à deux conditions", a prévenu l'ancien ministre des Finances du président français François Hollande. "Le futur FME devrait être responsable devant le Parlement européen car la zone euro et ses citoyens ont besoin de plus de démocratie, pas de plus de technocratie", a-t-il dit. "Ensuite, les traités européens devraient être respectés, notamment pour la surveillance budgétaire qui est confiée à la Commission par les 28 Etats membres", a-t-il ajouté.
En clair, M. Moscovici a insisté pour que ce FME soit un organe communautaire qui n'empiète pas sur les prérogatives de la Commission européenne. Alors que l'Allemagne imagine ce FME comme un organe intergouvernemental avec, en échange des prêts, un droit de regard sur les politiques des nationales des Etats membres, aux côtés de la Commission.


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