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COUPE DU MONDE DE LA FIFA 2018 RUSSIE

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Pour Messi, c’est maintenant ou jamais ; du sur-mesure pour le Brésil de Neymar

Football – Mondial 2018 / Les enjeux du 1er tour

La France bien placée et rampe de lancement idéale pour l’Allemagne.

31/05/2018 | 00h00

Qui sera le 1er de son groupe ? Qui sera éliminé dès la phase de poules ? Tour d’horizon des enjeux en vue de la Coupe du monde de football en Russie, qui débute le 14 juin et se clôturera le 15 juillet.

Poule C
Vice-championne d’Europe, la France a hérité d’un groupe assez clément, où le Pérou et le Danemark devraient se disputer la 2e place, devant la modeste Australie.
« Certains disent qu’on a une poule facile, mais la réalité, c’est qu’on est le seul groupe où il y a trois équipes qui sont dans les 12 premiers au classement FIFA », puisque la France est 7e, le Pérou 11e et le Danemark 12e, souligne le sélectionneur des Bleus, Didier Deschamps. Il a sélectionné un effectif rajeuni et moins expérimenté que précédemment, puisque 14 joueurs n’ont jamais disputé de compétition internationale en sélection. Et il ne reste que 6 rescapés de la dernière Coupe du monde, dont le capitaine Lloris et les stars Pogba et Griezmann. D’un autre côté, la jeune génération rutile de talents, surtout dans le secteur offensif, avec les Lemar, Fekir, Thauvin, Dembélé et surtout Mbappé.
La France affrontera l’Australie le 16 juin à Kazan. Le même jour à Saransk, les deux outsiders, Pérou et Danemark, ferrailleront dans une confrontation qui pourrait dessiner l’identité du 2e.
Le Pérou, dernier qualifié pour le Mondial en passant par un barrage intercontinental (0-0, 2-0 contre la Nouvelle-Zélande), retrouve la Coupe du monde pour la première fois depuis 1982. Il arrive affaibli par la suspension pour dopage de son buteur et capitaine Paolo Guerrero. L’attaquant de 33 ans a toutefois fait appel devant la justice suisse. La sélection andine, entraînée par l’Argentin Ricardo Gareca, possède désormais comme arme principale un joueur du même âge, Jefferson Farfan (33 ans), pas dépaysé puisqu’il évolue au Lokomotiv Moscou.
Du côté du Danemark, également passé par les barrages, on compte notamment sur le meneur de jeu Christian Eriksen. Le sélectionneur des Scandinaves a en tout cas lancé les hostilités en éreintant les Bleus. « Les équipes en haut du classement mondial sont les meilleures au Mondial, seulement, ce n’est pas le cas de la France », a fustigé Age Hareide, à la tête de la sélection danoise depuis 2015. « Elle n’a rien de spécial » et « n’a plus de meneur comme Zidane, qui savait rassembler l’équipe », a ajouté le Norvégien dans le quotidien danois Jyllands-Posten. Rendez-vous est pris pour Danemark-France, le 26 juin à Moscou.

Poule D
Il aura 31 ans pendant le Mondial et n’a jamais gagné de trophée majeur avec l’Argentine : pour Lionel Messi, c’est le moment où jamais de briller au sommet. Car c’est bien ça le drame pour Leo. Il a tout gagné avec le FC Barcelone, y compris cinq Ballons d’or, mais on le compare toujours à Diego Maradona qui, lui, avait gagné la Coupe du monde en 1986 avec l’Albiceleste.
Les Argentins sont tombés dans un groupe piège, avec la Croatie de Luka Modric, l’Islande, équipe surprise de l’Euro 2016 qui avait éliminé l’Angleterre en 8es de finale, et le Nigeria, un client réputé. Surtout que le parcours de qualification de l’Argentine n’a pas été de tout repos dans la zone Amérique du Sud. On a même cru à un moment que Messi allait rester à quai, comme d’autres grands joueurs qui n’ont pas réussi à se qualifier, à l’image de Gianluigi Buffon (Italie) ou encore Arjen Robben (Pays-Bas). Jorge Sampaoli, le sélectionneur argentin, sait en tout cas ce qu’il a à faire : « Le football doit un Mondial à Messi. »
L’ailier islandais Johann Berg Gudmundsson attend avec impatience de croiser l’Albiceleste : « Je l’avais dit avant le tirage (au sort), je voulais le Brésil ou l’Argentine. Pour le premier match de l’Euro, nous avons joué Cristiano Ronaldo, cette fois, ce sera Messi. »
Comment arrêter Messi ? Chacun a sa petite idée. Gernot Rohr, coach du Nigeria, a sa vision : « Ce n’est pas comme à mon époque où tu disais : “Tu marques Platini, Maradona ou Susic...” C’est collectivement qu’on pourra l’arrêter, en doublant le marquage, en bloquant les passes qui lui sont destinées, en coupant à la source. Une fois qu’il a le ballon, il faut une extrême vigilance collective. Deux, voire trois personnes qui doivent être sur sa route. Il va être à mon avis très motivé, il sera là », déclare le technicien des Super Eagles.

Poule E
Lancé dans la quête d’une 6e étoile, le Brésil va débuter en douceur le Mondial en se frottant à la Suisse, la Serbie et le Costa Rica au 1er tour, de quoi permettre à sa star Neymar, tout juste revenu d’une opération du pied droit, de monter progressivement en puissance.
Les quintuples champions du monde, requinqués par l’arrivée aux commandes de Tite en juin 2016, n’ont pas trop d’inquiétudes à se faire avant de basculer vers les choses sérieuses et les rencontres à élimination directe. La qualification pour la Coupe du monde n’a été qu’une formalité dans la zone Amérique du Sud et la Seleçao va débarquer en Russie avec le plein de confiance, obnubilée par un titre qui lui échappe depuis 2002 et la nécessité d’effacer le traumatisme de l’édition 2014 : cette infamante débâcle contre l’Allemagne (7-1) en demi-finales devant son public.
Difficile de trouver une faille parmi les 23 Auriverdes où les joueurs de classe internationale ne manquent pas. Mais la grande inconnue, et non des moindres, reste la condition physique de Neymar, capitaine et âme de l’équipe. Le compte à rebours est enclenché pour l’astre du PSG, blessé en Ligue 1 le 25 février lors du clásico contre Marseille (3-0), et qui n’a repris l’entraînement qu’il y a une dizaine de jours. L’attaquant de 26 ans a reconnu ne pas être « encore à 100 % » et avoir « encore un peu peur de faire les mouvements en entier ». Or le temps presse pour l’ancien Barcelonais, le premier rendez-vous du Brésil au Mondial étant fixé au 17 juin face à la Suisse.
Si les Brésiliens s’avancent en grandissimes favoris de la poule, la 2e place qualificative devrait faire l’objet d’une lutte âpre et indécise. Il semble compliqué d’établir une hiérarchie claire entre la Suisse, désormais une habituée des phases finales, le Costa Rica du gardien madrilène Keylor Navas, quart-de-finaliste surprise en 2014, et une Serbie renaissante dans le sillage du milieu prodige de la Lazio Rome, Sergej Milinkovic-Savic (23 ans), huit ans après sa dernière participation.

Poule F
L’Allemagne, championne du monde en titre, aura la possibilité de monter en puissance dans un groupe théoriquement à sa portée, où Mexique et Suède feront figure de principaux rivaux, et la Corée du Sud d’outsider.
L’histoire de la Coupe du monde est pleine de champions en titre qui trébuchent au 1er tour, mais l’Allemagne, lors des éliminatoires, a démontré qu’elle savait gérer les matches dits « faciles » sans s’enferrer dans les pièges des défenses ultraregroupées. Comme il se doit, le sélectionneur de la Mannschaft, Joachim Löw, ne fait que des compliments de ses adversaires : « Le Mexique est une équipe impressionnante, dit-il. Leur style de jeu est très dynamique, tous les joueurs sont impliqués dans la récupération, et en attaque ils cherchent en permanence la profondeur. »
Les Mexicains, battus (4-1) par une équipe B allemande l’an dernier lors de la Coupe des confédérations, devraient cependant en toute logique en découdre avec les Suédois pour la 2e place, derrière l’Allemagne. Les Suédois, eux, arriveront en Russie avec les certitudes que leur a données la victoire en barrage de qualification contre l’Italie. « Ils ont une grande confiance en eux, dit Löw. Nous nous connaissons bien, ils ont beaucoup de joueurs en Bundesliga. La Suède est une équipe bien organisée, très disciplinée, forte en attaque et capable de très bien défendre. »
Petit Poucet du groupe, la Corée du Sud a laissé le souvenir de l’édition 2002, où elle a atteint les demi-finales à domicile, en bénéficiant de quelques décisions arbitrales controversées certes, mais aussi grâce à une débauche d’énergie incroyable au service d’un mental indestructible. « C’est une équipe qui court beaucoup, met en garde Löw. S’il le faut, ils sont capables de courir en un seul match ce que l’on court normalement en deux matches ! »

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