Conserver la maîtrise du ciel sur les théâtres d'opération face à des stratégies de contestation de plus en plus robustes sera un défi majeur pour les armées occidentales, ont prévenu vendredi les chefs d'état-major des armées de l'air française et britannique.
"Nos adversaires, nos rivaux ont compris l'avantage que nous tirions de notre puissance aérienne (...) aujourd'hui (ils) développent des stratégies de déni d'accès aux espaces aériens de plus en plus robustes", a déclaré le Français André Lanata, à l'occasion de la cérémonie du centenaire de la Royal Air Force (RAF) aux Invalides à Paris.
"La perte d'un avion de chasse israélien, il y a quelques semaines, en constitue une illustration", a-t-il ajouté, en référence à ce rare incident.
En février, un avion F-16 de l'armée de l'air israélienne s'était écrasé en Israël après avoir essuyé des tirs de la défense anti-aérienne syrienne lors de frappes contre des "cibles iraniennes" en Syrie, dont le régime est soutenu par l'Iran et la Russie.
Après des années de maîtrise du ciel, notamment dans les guerres dites asymétriques, "nous devons absolument prendre conscience que les espaces aériens seront probablement à l'avenir contestés à un niveau que nous n'avons jamais connu. Nous avons ici un enjeu de défense majeur", a-t-il affirmé, arguant que "sans maîtrise des espaces aériens, il n'y a plus d'opérations militaires".
"Nous devons nous réveiller et réaliser que le contrôle des espaces aériens est désormais contesté à un niveau inédit depuis la fin de la guerre froide", a abondé le Britannique Stephen Hillier, évoquant notamment la "prolifération" des missiles sol-air à longue portée.
"Nous devons nous habituer à l'idée qu'à l'avenir, dans n'importe quel environnement, il faudra se battre - et se battre durement - pour le contrôle des airs, si nous voulons établir et maintenir les marges de manoeuvres nécessaires" pour les opérations militaires.
Il a aussi durement critiqué Moscou: "la Russie agit aujourd'hui en violation du droit international. De la guerre par procuration que la Russie continue à attiser en Ukraine orientale, à la couverture diplomatique qu'elle fournit à un régime syrien qui considère comme tout à fait normal d'assassiner son propre peuple avec des armes chimiques".


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