Les autorités saoudiennes ont libéré une militante connue des droits de la femme, arrêtée dans le cadre d'une campagne de répression lancée à quelques semaines de l'entrée en vigueur du décret royal autorisant les femmes à conduire, ont indiqué jeudi militants et ONG.
Aisha al-Mana, 70 ans, faisait partie d'au moins 11 militants, en majorité des femmes, appréhendés la semaine dernière et connus pour la plupart pour avoir lutté contre l'interdiction des femmes au volant et le système de tutelle masculine dans ce pays musulman ultra-conservateur.
"Nous pouvons confirmer la libération d'Aisha al-Mana, mais nous ne connaissons pas les conditions de sa libération", a déclaré à l'AFP Samah Hadid, directrice des campagnes d'Amnesty International au Moyen-Orient.
"Nous demandons aux autorités saoudiennes de libérer tous les autres défenseurs des droits de l'Homme sans condition et immédiatement", a-t-elle ajouté.
Il n'y a pas eu de commentaire immédiat des autorités saoudiennes et le sort des autres militants détenus reste incertain.
Deux militants saoudiens des droits humains ont déclaré qu'Aisha al-Mana, connue pour avoir fait partie d'un groupe ayant lancé en 1990 le premier mouvement saoudien pour le droit de conduire, était en mauvaise santé.
"Aisha al-Mana a été libérée. On l'a décrite comme étant en mauvaise santé en raison d'une crise cardiaque l'année dernière", a déclaré la militante saoudo-américaine Nora Abdulkarim sur Twitter.
Sans nommer les détenus, les autorités les ont accusés la semaine dernière d'entretenir des "contacts suspects avec des parties étrangères" et de saper "la sécurité et la stabilité" du royaume.
Des médias progouvernementaux saoudiens les ont qualifiés de "traîtres".
Parmi les détenus figurent d'autres militantes connues comme Loujain al-Hathloul et Aziza al-Youssef, symboles de la jeune et de l'ancienne génération de féministes.
L'ONG Gulf Centre for Human Rights s'est inquiété du fait que Loujain al-Hathloul soit détenue au secret et que les prisonniers n'aient pas accès à des avocats.
Cette vague de répression a soulevé des critiques internationales et jeté une ombre sur les réformes engagées par le jeune prince héritier Mohammad ben Salmane.
La levée effective de l'interdiction des femmes au volant doit intervenir le 24 juin.


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