Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a salué jeudi la volonté de "dialogue" exprimée par le nouveau chef de gouvernement italien Giuseppe Conte vis-à-vis des institutions européennes, y voyant "plutôt" un "bon signal" politique.
"Le fait que le chef du gouvernement dise +je veux dialoguer avec les institutions européennes+ doit être pris plutôt comme un bon signal", a déclaré sur franceinfo M. Moscovici, disant ne pas vouloir pour l'instant "porter de défiance" envers le nouvel exécutif italien.
"Toute la question, c'est de savoir si l'Italie va rester ce qu'elle est", a ajouté le commissaire européen, rappelant que ce pays, membre fondateur de l'UE, avait une "histoire européenne". "Je continue de croire que l'Italie va rester un pays cœur de la zone euro", a-t-il assuré.
Giuseppe Conte, avocat et professeur de droit de 53 ans, jusqu'alors inconnu du grand public, a été chargé mercredi de former le nouveau gouvernement italien, après de longues négociations entre le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite), arrivés en tête des législatives.
"Je suis conscient de la nécessité de confirmer la place de l'Italie en Europe et dans le monde. Le gouvernement devra œuvrer sur les thèmes du budget européen, de la réforme du droit d'asile et de l'aboutissement de l'union bancaire", a-t-il déclaré après sa nomination, évoquant sa volonté de "dialogue" avec les institutions européennes.
Le programme commun négocié par le M5S et la Ligue, qui promet des baisses drastiques d'impôts, l'instauration d'un revenu de citoyenneté ou encore l'abaissement de l'âge de la retraite dans le deuxième pays le plus vieux du monde, a cependant de quoi inquiéter Bruxelles, attaché au respect des règles budgétaires européennes.
"La commission européenne ne peut pas se prononcer sur des annonces. Elle se prononcera sur des décisions, c'est-à-dire sur un budget, c'est-à-dire sur des chiffres, c'est-à-dire sur des lois", a assuré Pierre Moscovici, disant vouloir une "relation constructive" avec le futur ministre des Finances italien, dont le nom n'est pas encore connu.
Le commissaire européen a toutefois rappelé qu'il serait "vigilant" et "attentif" sur la question de la dette publique italienne, la deuxième plus élevée de la zone euro après celle de la Grèce.
"C'est l'intérêt des Italiens, c'est l'intérêt de l'Italie de ne pas continuer à augmenter la dette, pour continuer à financer les services publics et les mesures de justice sociale que les Italiens attendent", a-t-il insisté.


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