Diplomatie

Quels sont les enjeux de la rencontre entre Macron et Poutine ?

Les présidents français et russe doivent se rencontrer en Russie demain et vendredi pour aborder l’accord sur le nucléaire iranien, la Syrie et l’Ukraine.

Le président russe, Vladimir Poutine (à gauche), et son homologue français, Emmanuel Macron, le 29 mai 2017 à Versailles. Stephane de Sakutin/Pool/Reuters

L’agenda diplomatique s’annonce chargé pour Paris et Moscou cette semaine. Le président français, Emmanuel Macron, doit se rendre demain en Russie, pour une visite de deux jours au cours de laquelle il rencontrera son homologue russe, Vladimir Poutine.

Il s’agit du premier déplacement officiel du chef de l’État français en Russie, près d’un an après la rencontre organisée en grande pompe pour la visite de M. Poutine à Versailles. Les deux dirigeants ont d’abord rendez-vous demain au palais de Constantin où s’est tenu le sommet du G20 en 2013. Le lendemain, le dirigeant français et son épouse Brigitte doivent rendre hommage aux victimes du siège de Leningrad imposé par l’armée du IIIe Reich durant la Seconde Guerre mondiale et ayant fait plus d’un million de victimes. M. Macron doit ensuite rencontrer des membres de la société civile avant de se rendre au 22e Forum économique de Saint-Pétersbourg où il est l’invité d’honneur de M. Poutine aux côtés du Premier ministre japonais, Shinzo Abe.

Plusieurs dossiers devraient être évoqués entre les dirigeants français et russe, notamment le Moyen-Orient où l’actualité a été explosive ce mois-ci. Les discussions porteront sur « les questions internationales actuelles, parmi lesquelles l’accord nucléaire iranien, le règlement syrien et la crise ukrainienne », a indiqué le Kremlin.

Les États-Unis ont provoqué un tollé international en se retirant de l’accord sur le nucléaire iranien le 8 mai dernier, annonçant par la même occasion la mise en place de sanctions contre Téhéran. Bien que Paris et Moscou souhaitent tous deux sauver le document dont ils sont signataires, les discussions s’annoncent délicates. Le dirigeant français plaide pour l’établissement d’un nouvel accord incluant notamment le programme balistique iranien et son activité nucléaire pour ramener Washington à la table des négociations. Des propositions auxquelles la Russie est cependant opposée. Les divergences sur le dossier syrien devraient également présenter des obstacles alors que Moscou est l’un des parrains de Damas aux côtés de Téhéran. Paris a participé aux frappes occidentales contre le régime en avril suite à ses attaques chimiques contre des civils à Douma tandis que les forces de Bachar el-Assad gagnent de plus en plus de terrain.
M. Macron a pour objectif « d’avoir un dialogue substantiel (…) pour dégager des points d’accord communs », a précisé l’Élysée. « Nous le faisons les yeux ouverts », « avec la conscience de la difficulté que cela représente », est-il souligné.


(Lire aussi : Macron, Trump et le Moyen-Orient)


« Dialogue stratégique et historique »
En dépit de leurs divergences, la visite du chef de l’État français vise à maintenir une certaine ouverture entre la Russie et les pays membres de l’Union européenne. Les relations entre eux, déjà refroidies par l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, ont été davantage fragilisées suite à la tentative d’assassinat, en mars, de l’ancien agent double russe Sergueï Skripal en Angleterre. Alors que Londres a pointé Moscou du doigt, différents pays européens ont rappelé leurs ambassadeurs en Russie en signe de soutien. Alimenter le dialogue est toutefois nécessaire pour l’ensemble de parties concernées par l’accord sur le nucléaire iranien pour surmonter les blocages imposés du côté américain.

Le déplacement de M. Macron intervient par ailleurs une semaine après la rencontre entre la chancelière allemande, Angela Merkel, et M. Poutine à Sotchi. La rencontre ne leur avait pas permis d’aller au-delà de « beaucoup de problèmes » entre eux, selon le dirigeant russe.M. Macron table sur une stratégie visant à mettre la France au centre de tous les dialogues tout en se rapprochant de la Russie, isolée sur le plan européen. « Si la France veut être respectée, elle doit parler à tout le monde, mais aussi être capable d’agir lorsque des lignes rouges sont franchies », a-t-il expliqué au Journal du Dimanche dans un entretien publié le 6 mai. « Je veux un dialogue stratégique et historique avec Vladimir Poutine pour lier la Russie à l’Europe et ne pas la laisser se replier sur elle-même », a-t-il affirmé.

Le président français devrait cependant rester pragmatique quant au dirigeant russe. C’est « un homme très fort, c’est un président fort », avait déjà déclaré M. Macron en avril dans un entretien accordé à la chaîne de télévision Fox News. « Je crois que nous ne devrions jamais nous montrer faibles face au président Poutine. Quand vous êtes faibles, il s’en sert », avait-il souligné.



Pour mémoire

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