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Liban : le procès d'un homme ayant abattu son épouse à la kalachnikov traîne toujours

Le juge de la cour pénale du Mont-Liban a reporté mardi au 3 juillet l'interrogatoire de Ali Ibrahim Zein, qui avait abattu son épouse Sarah el-Amine à la kalachnikov sous les yeux de leurs propres enfants il y a trois ans, alors que des militants manifestaient devant le tribunal, réclamant que justice soit faite et qu'il soit mis fin à la violence conjugale.

"Les avocats de de Ali Zein ont recours à l’atermoiement dans l'affaire depuis 2015", a protesté l'avocat de la victime, Achraf Moussaoui, réclamant que justice soit faite.  La mère de Sarah el-Amine réclame la peine de mort pour leur meurtrier de sa fille. "C'est la première séance depuis 2015. Trois ans plus tard, il est temps que la justice agisse", a-t-elle dit.

En 2015,le juge d'instruction du Mont-Liban, Mohammad Bedran, avait requis la peine de mort contre Ali Zein.

Sarah el-Amine, 46 ans, était battue depuis 20 ans par son mari et ce dernier l'avait chassée, un mois avant le meurtre, du domicile conjugal à Daouhet Aramoun, au sud de Beyrouth. avec ses enfants. Une vingtaine de jours avant d'être tuée par son époux, de neuf ans son aîné, Sarah el-Amine avait décidé de porter plainte contre lui. Elle espérait que la loi sur la violence domestique, votée par le Parlement le 1er avril 2014, la protégerait de cet homme violent.

La victime avait cependant décidé de revenir au domicile conjugal pour célébrer les 17 ans de Dana, l'une de leurs filles, le 19 mai 2014. Il la tuera ce soir-là, à coup de 17 balles de kalachnikov. 

Le jour de l'assassinant, l'avocat avait fait part à L'Orient-Le Jour de la volonté des enfants de porter plainte contre leur père. "Je ne retrouverai le repos que lorsque je verrai Ali la corde au cou. Il l'a battue toute sa vie, elle, ma fille unique", avait également déclaré Ali el-Amine, le père de la victime.

Fin janvier, l'association féministe libanaise Kafa avait organisé une manifestation, place de l'Etoile, au centre-ville de Beyrouth, pour dénoncer les violences envers les femmes après plusieurs cas de violences meurtrières.

Depuis début décembre, au moins neuf cas de violences meurtrières envers les femmes ont déjà été recensés par Kafa. L'année dernière, 17 cas au total ont été rapportés ; et 37 victimes en deux ans. Parmi ces cas figurent des femmes tuées par leur mari, mais aussi une adolescente de 15 ans qui s'est suicidée après un mariage précoce.

En 2014, le Liban a adopté une loi qui, pour la première fois, punit les violences domestiques. Cette loi a été adoptée à la suite d'une campagne sans précédent de la société civile après le meurtre de plusieurs femmes sous les coups de leurs maris.

Le juge de la cour pénale du Mont-Liban a reporté mardi au 3 juillet l'interrogatoire de Ali Ibrahim Zein, qui avait abattu son épouse Sarah el-Amine à la kalachnikov sous les yeux de leurs propres enfants il y a trois ans, alors que des militants manifestaient devant le tribunal, réclamant que justice soit faite et qu'il soit mis fin à la violence conjugale."Les avocats de de Ali Zein ont recours à l’atermoiement dans l'affaire depuis 2015", a protesté l'avocat de la victime, Achraf Moussaoui, réclamant que justice soit faite.  La mère de Sarah el-Amine réclame la peine de mort pour leur meurtrier de sa fille. "C'est la première séance depuis 2015. Trois ans plus tard, il est temps que la justice agisse", a-t-elle dit.En 2015,le juge d'instruction du Mont-Liban, Mohammad Bedran, avait requis la peine de mort contre...