Mgr Béchara Raï prononçant son allocution.
La journaliste May Chidiac, présidente de la May Chidiac Foundation, a reçu hier la distinction honorifique de dame de Saint-Grégoire-le-Grand décernée par le pape François, en appréciation de « l’exemple qu’elle incarne au sein de sa société », elle qui, treize ans après l’attentat à la voiture piégée l’ayant visée en septembre 2005, ne cesse de militer pour la liberté et la souveraineté de son pays.
C’est le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qui a remis à Mme Chidiac la décoration du Saint-Siège, Dominam Ordinis Sancti Gregorii Magni, au cours d’une cérémonie officielle organisée à Bkerké, à laquelle a participé l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, et ont notamment assisté le chargé d’affaires de la nonciature apostolique, Mgr Ivan Santos, représentant le pape François, le ministre d’État à la Planification, Michel Pharaon, représentant le chef du gouvernement, Saad Hariri, l’ancien président de la République Michel Sleiman, le ministre de la Santé, Ghassan Hasbani, Sethrida Geagea, députée de Bécharré, les anciennes Premières dames Solange Gemayel et Mona Hraoui, les ambassadeurs des États-Unis, de France et d’Italie, respectivement Elizabeth Richard, Bruno Foucher et Massimo Marotti, et le chargé d’affaires saoudien Walid Boukhari, ainsi que de nombreuses autres personnalités du monde politique, diplomatique et religieux.
Dans son allocution de circonstance, Mgr Raï a rendu hommage à Mme Chidiac en ces termes : « La décoration que vous remet le pape François vient après la médaille divine qui vous a sauvée par miracle de la mort. Ils vous ont amputé un bras et une jambe mais ne sont pas parvenus à ôter votre esprit et votre cœur. Vous êtes ainsi encore plus forte et vous continuez à dire la vérité. »
Prenant la parole, Mgr Boulos Matar a affirmé que la journaliste récompensée « a présenté au monde un magnifique exemple de patriotisme et d’amour de la liberté », soulignant qu’elle « est une icône de la patrie envers laquelle elle a été généreuse, au risque de perdre sa vie ». « Depuis le jour du drame, Mme Chidiac est auréolée des fils de l’héroïsme », a poursuivi Mgr Matar, se souvenant que lorsqu’il s’était rendu à son chevet en France, il a été marqué par « sa résistance impressionnante et sa grande foi en Dieu ». « Vous méritez l’appréciation de l’Église pour toutes les douleurs que vous endurez et pour votre capacité à dépasser l’obstacle du désespoir en vue d’une espérance curatrice », a-t-il ajouté.
Dans son mot de remerciement prononcé au milieu de vifs applaudissements, Mme Chidiac a exprimé sa fierté de « rejoindre les personnalités qui, à travers le monde, se distinguent dans leur action pour l’Église et pour les sociétés au sein desquelles elles vivent », affirmant que sa voix « s’élèvera toujours contre l’oppression ». « Lorsque j’ai été visée par l’attentat, il m’était facile de renoncer à ma lutte, mais saint Charbel, que je venais de visiter à Annaya, m’a ordonné de me lever. Je poursuivrai ma voie avec lui et avec mon nouveau saint patron, Grégoire le Grand, de l’esprit duquel je m’inspirerai pour défendre les opprimés », a promis Mme Chidiac.
À L’Orient-Le jour, la journaliste honorée se dit « fière d’avoir reçu ces insignes que peu de personnes ont déjà reçus », indiquant qu’« ils constituent un encouragement pour les chrétiens à s’enraciner dans cette terre-message qu’est le Liban ».


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