Depuis la signature de l’accord en 2015, les exportations françaises vers l’Iran ont triplé, pour atteindre 1,5 milliard d’euros en 2017. Photo Reuters
Le gouvernement français a assuré hier les entreprises tricolores entretenant des liens avec l’Iran de sa « détermination » à défendre leurs intérêts face aux menaces de sanctions américaines extraterritoriales. Les ministres des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et de l’Économie, Bruno Le Maire, ont rencontré à Bercy les représentants d’une soixantaine d’entreprises françaises travaillant de loin ou de près avec la République islamique. L’objectif ? Faire le point avec elles sur la situation depuis l’annonce par Washington de son retrait de l’accord nucléaire iranien et le rétablissement de sanctions contre ce pays et des entreprises y travaillant. « Nous leur avons dit notre détermination à nous battre pour que les décisions prises par les États-Unis n’aient pas de répercussions sur les entreprises françaises qui investissent ou ont investi en Iran », a déclaré M. Le Drian lors d’un point presse, à l’issue de cette réunion. « L’enjeu économique (...) n’est pas négligeable car beaucoup d’entreprises dans le secteur aéronautique, dans le secteur pharmaceutique, dans le secteur énergétique, de l’automobile ont investi de manière significative en Iran », a souligné pour sa part M. Le Maire.
Depuis la signature de l’accord en 2015, les exportations tricolores vers l’Iran ont triplé, pour atteindre 1,5 milliard d’euros (soit 1,78 milliard de dollars) en 2017, de source diplomatique. Plusieurs grands groupes se sont lancés dans le pays, à l’image de Total, qui s’est associé au groupe chinois CNPC pour investir 5 milliards de dollars dans l’exploitation du gisement South Pars, ou de PSA, qui a signé de nouvelles co-entreprises pour ses marques Peugeot et Citroën. Or le rétablissement des sanctions américaines menace ces projets. Selon une source proche du gouvernement, le premier train de rétablissement de sanctions, fixé au 6 août, concernera l’automobile et l’aéronautique civile. Le 4 novembre suivront les sanctions sur le secteur de l’énergie et le secteur financier.
Alors que les aiguilles tournent, M. Le Maire espère mener avec ses homologues allemand et britannique « des démarches conjointes auprès des autorités américaines pour demander des exemptions, des délais supplémentaires ou le respect des contrats qui ont été conclus de bonne foi par nos entreprises en Iran ». « On va défendre nos intérêts avec vigueur », a confirmé un représentant de l’Élysée devant l’Association des journalistes économiques et financiers (AJEF).
Source : AFP


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