Rechercher
Rechercher

Dernières Infos

Ukraine: perquisitions de médias russes, un journaliste accusé de "haute trahison"

Les services de sécurité ont perquisitionné mardi à Kiev le siège de l'agence de presse publique russe Ria Novosti, dont un journaliste ukrainien a été inculpé de "haute trahison", affaire qui a provoqué l'ire du Kremlin.

Ces perquisitions, qui concernent également la chaîne de télévision russe RT, ont lieu alors que les relations sont extrêmement tendues entre Moscou et Kiev depuis l'arrivée en 2014 d'autorités pro-occidentales au pouvoir en Ukraine, suivie de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie et d'un conflit meurtrier dans l'Est entre l'armée et des séparatistes prorusses. Elles sont intervenues le jour où le président russe Vladimir Poutine a inauguré un pont symbolique destiné à réduire l'isolement de la péninsule de Crimée en la rattachant par la route et une voie ferrée au reste de la Russie. Ces recherches ont été menées dans la matinée dans les locaux à Kiev de Ria Novosti et de RT, ont indiqué les services de sécurité ukrainiens, le SBU. Ces médias sont accusés par les autorités ukrainiennes d'être utilisés par la Russie "dans sa guerre hybride contre l'Ukraine", selon une porte-parole du SBU. 

Un journaliste et responsable de cette agence, l'Ukrainien Kyrylo Vychynski, a également été interpellé près de son domicile dans la matinée pour ses "activités antiukrainiennes", selon la même source. M. Vychynski a été inculpé dans la soirée de "haute trahison", un crime passible de 15 ans de prison.
Le SBU l'accuse d'avoir mené des "activités subversives" à la demande de Moscou, et d'avoir notamment cherché dans ses publications à "justifier l'annexion de la Crimée" par la Russie en 2014 et de "soutenir" les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine.
M. Vychynski, 51 ans, a travaillé pour des médias ukrainiens avant de devenir il y a plusieurs années le correspondant de la télévision publique russe Rossia, puis chez Ria Novosti. Cet Ukrainien a également reçu en 2015 un passeport russe, selon un décret du président Vladimir Poutine publié sur le site du Kremlin.
L'OSCE préoccupée 
"Ce sont des actions absolument révoltantes et scandaleuses", a aussitôt réagi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, en demandant "une réaction sévère et intransigeante" des organisations internationales et menaçant de prendre "des mesures de rétorsion".
Harlem Désir, le représentant pour la liberté des médias de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a pour sa part exprimé sa "profonde préoccupation" par cette affaire, appelant Kiev à "s'abstenir d'imposer des restrictions inutiles sur le travail des journalistes étrangers, qui affecte la libre circulation de l'information et la liberté de la presse".
"La lutte contre la propagande doit respecter les normes internationales et ne doit pas constituer une ingérence disproportionnée dans les activités des médias", a fait valoir M. Désir.

Le directeur du conglomérat de presse public Rossia Segodnia, maison-mère de Ria, a pour sa part appelé à la libération du journaliste Kyrylo Vychynski et appelé à la fin de la "persécution" des médias russes en Ukraine.
"Ce n'est pas la première fois que le régime de Kiev piétine les droits fondamentaux et les libertés en persécutant les journalistes", a déclaré Dmitri Kisselev, cité par Ria Novosti.

La rédactrice en chef de la télévision Russia Today, qui fait partie du conglomérat Rossia Segodnia, Margarita Simonian a de son côté estimé que Kiev avait "décidé de se venger pour le Pont de Crimée".

Le bureau de Ria Novosti en Ukraine compte une quinzaine de journalistes dont une partie sont chargés de transmettre des informations à son siège à Moscou, les autres, dirigés par M. Vychynski, s'occupant du site rian.com.ua destiné à l'audience ukrainienne.

Les autorités de Kiev accusent régulièrement la Russie de se servir de ses médias publics, notamment la télévision, très regardée dans les régions russophones d'Ukraine, pour alimenter les sentiments séparatistes et saper la confiance dans le gouvernement.

L'Ukraine a déjà interdit la diffusion des principales chaînes de télévisions russes sur son territoire, bloqué les principaux réseaux sociaux russophones et expulsé plusieurs journalistes russes de son sol.
L'Ukraine figure à la 101e place sur 180 du classement mondial de la liberté de la presse 2018 de l'organisation Reporter sans frontières (RSF). La Russie y occupe la 148e place.

Les services de sécurité ont perquisitionné mardi à Kiev le siège de l'agence de presse publique russe Ria Novosti, dont un journaliste ukrainien a été inculpé de "haute trahison", affaire qui a provoqué l'ire du Kremlin.
Ces perquisitions, qui concernent également la chaîne de télévision russe RT, ont lieu alors que les relations sont extrêmement tendues entre Moscou et Kiev depuis l'arrivée en 2014 d'autorités pro-occidentales au pouvoir en Ukraine, suivie de l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie et d'un conflit meurtrier dans l'Est entre l'armée et des séparatistes prorusses. Elles sont intervenues le jour où le président russe Vladimir Poutine a inauguré un pont symbolique destiné à réduire l'isolement de la péninsule de Crimée en la rattachant par la route et une voie ferrée au...