Toute la responsabilité" de l'attaque au couteau ayant visé des passants samedi soir à Paris revient à la France, a affirmé dimanche Ramzan Kadyrov, le dirigeant de la Tchétchénie, une république russe du Caucase d'où était originaire l'assaillant présumé.
Selon M. Kadyrov, l'auteur présumé de cette attaque, revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), est un certain Hassan Azimov, un jeune homme originaire de Tchétchénie qui a obtenu un passeport russe à l'âge de 14 ans avant d'avoir la nationalité française à l'âge de 20 ans.
Ces affirmations semblent contredire celles des autorités françaises, selon lesquelles l'auteur présumé est un certain Khamzat A., un "Français né en Tchétchénie" en novembre 1997 et qui a grandi dans une famille de réfugiés à Strasbourg (est). Il figurait depuis 2016 sur le fichier "S" (risque d'atteinte à la "Sûreté de l'Etat") des services de renseignement.
"Sachant cela, je considère important de faire remarquer que toute la responsabilité pour le fait qu'Hassan Azimov a décidé d'emprunter la voie de la criminalité revient entièrement aux autorités françaises", a déclaré M. Kadyrov sur la messagerie Telegram.
"Il n'a fait que naître en Tchétchénie, mais il a grandi et a formé sa personnalité, ses opinons et ses convictions au sein de la société française", a poursuivi M. Kadyrov.
"Je suis sûr que s'il avait passé son enfance et son adolescence en Tchétchénie, le sort d'Hassan aurait été différent", a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Information tchétchène, Djamboulat Oumarov, a également tenté de minimiser le lien entre la république russe et l'attaque de Paris.
De tels crimes "ne connaissent pas de nationalité, de religion, de patrie ou de drapeau", a-t-il déclaré, cité par l'agence publique de presse Ria Novosti.
Après la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), la rébellion séparatiste s'est progressivement islamisée et s'est étendue au-delà des frontières de cette république russe pour se transformer au milieu des années 2000 en un mouvement islamiste armé actif dans tout le Caucase du Nord.
Fin juin 2015, la rébellion armée islamiste dans le Caucase russe a prêté allégeance à l'organisation État islamique et est une source importante de combattants dans les rangs jihadistes en Syrie et en Irak.
Ramzan Kadyrov, un fidèle soutien du président russe Vladimir Poutine, dirige d'une main de fer depuis 2007 la Tchétchénie.
Il est accusé par les défenseurs de droits de l'Homme d'y avoir mis en place un régime "totalitaire" en recourant aux enlèvements et à la torture, ainsi que de l'avoir islamisée à marche forcée.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine