Les discussions avec l’Argentine en vue de l’obtention d’un crédit de soutien financier du FMI vont se tenir très prochainement, selon Christine Lagarde. Photo AFP
Dix-sept ans après être tombée en défaut de paiement, l’Argentine, troisième économie d’Amérique latine, a entamé hier des discussions avec le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir « une ligne de soutien financier », après une semaine de turbulences sur les marchés. « De manière préventive, j’ai décidé d’entamer des discussions avec le Fonds monétaire international pour qu’il nous accorde une ligne de soutien financier », a annoncé le président Mauricio Macri lors d’une allocution télévisée. Mauricio Macri, au pouvoir depuis fin 2015, a indiqué avoir déjà eu une première conversation avec la directrice du FMI, Christine Lagarde, mais n’a pas précisé quel serait le montant du crédit sollicité par l’Argentine auprès de cet organisme international. « Pendant les deux premières années (de mandat), nous avons eu un contexte international très favorable, mais ce contexte est en train de changer. Nous sommes parmi les pays au monde qui dépendent le plus du financement externe, en raison des énormes dépenses publiques dont nous avons hérité et que nous sommes en train de remettre en ordre », a-t-il expliqué. Selon le chef de l’État, le financement du FMI permettra de renforcer son « programme de croissance et de développement, en nous donnant une meilleure base pour affronter ce nouveau scénario mondial et éviter une crise comme celles que nous avons eues dans notre histoire », une référence notamment à la grande crise de 2001 qui avait traumatisé le pays, tombé en défaut de paiement. En janvier 2006, l’Argentine avait remboursé son dernier crédit auprès du FMI, pour 9,6 milliards de dollars.
Risque pour la croissance
La monnaie avait subi une véritable dégringolade la semaine dernière, de près de 5 % sous l’effet notamment de la hausse des taux des bons du Trésor américain, obligeant la Banque centrale à relever son taux directeur à 40 %, le niveau le plus élevé au monde. Après cette thérapie de choc, une autre mesure de l’institution financière pour freiner la chute du peso est entrée en application lundi : elle force les établissements bancaires à remettre sur le marché une partie de leurs réserves de billets verts, environ 2 milliards de dollars.
Le peso argentin a longtemps été surévalué par rapport au dollar car l’ex-présidente argentine Cristina Kirchner avait établi un contrôle des changes pour endiguer la fuite de capitaux. Le gouvernement du président Macri a rompu avec cette politique dès son arrivée au pouvoir, préférant laisser flotter sa monnaie.
Discussions prochaines
Les discussions avec l’Argentine en vue de l’obtention d’un crédit de soutien financier du Fonds monétaire international (FMI) vont se tenir très prochainement, a indiqué hier Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds. « L’Argentine est un membre important du Fonds monétaire international. (...) Les discussions ont été initiées sur la manière de travailler ensemble pour renforcer l’économie de l’Argentine et vont se tenir très rapidement », a-t-elle déclaré dans un bref communiqué. Mme Lagarde, qui s’est félicitée des déclarations du président argentin Mauricio Macri, a souligné qu’elle était « impatiente de poursuivre le partenariat avec l’Argentine ».
Source : AFP


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