Liban

Bassil : « Nous avons gagné »

Partis
OLJ
08/05/2018

Élu à l’un des deux sièges maronites de Batroun, le chef du CPL Gebran Bassil a tenu hier une conférence de presse au siège de de son parti à Dékouané pour dresser le bilan de la consultation électorale. Il a d’emblée annoncé que son parti a remporté haut la main les élections et a ainsi réussi à avoir « le plus grand bloc parlementaire dont le nombre de députés est passé de 21 à 29, et peut-être même à 30 ». M. Bassil se basait sur les premiers résultats du scrutin, sa conférence de presse ayant été organisée deux heures avant que le ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, n’annonce les chiffres officiels. « Lorsque j’avais dit dimanche que nul ne peut se comparer à nous, c’est parce que, en dépit du nombre de voix qu’ils ont obtenues et de leurs députés, les autres n’ont pas autant de parlementaires que nous. (…) Nous avons remporté une victoire certaine dans 7 circonscriptions. (…) Notre bloc qui était représenté dans 5 cazas est aujourd’hui présent dans 15 », a-t-il expliqué, précisant qu’au niveau de l’apport des voix, la priorité a été donnée aux partisans engagés du CPL, « ce qui devrait encourager nos alliés indépendants à s’enrôler dans nos rangs ». « Les députés engagés du CPL étaient au nombre de 10. Ce chiffre est aujourd’hui passé à 18 », a encore précisé M. Bassil, qui est revenu à la charge au sujet du « féodalisme politique », qu’il a affirmé vouloir continuer de combattre.
Contrairement au président de la Chambre, Nabih Berry, et au patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qui avaient formulé des réserves au sujet de la nature de la nouvelle loi électorale – M. Berry hier et le chef de l’Église maronite dimanche –, M. Bassil n’a vu que des avantages à cette loi, « notamment au vote préférentiel qui a permis de déterminer le poids politique de chacun et de révéler surtout les influences exagérées ». Après avoir applaudi à la concurrence générée par ce vote entre les candidats d’une même liste, il a estimé que la proportionnelle « ne peut pas être appliquée au Liban sans le vote préférentiel, et ce pour empêcher la domination des partis ».
Le chef du CPL a en outre dénoncé l’argent électoral, « une nouvelle arme dont certains se sont servis afin de payer des électeurs pour les empêcher de voter et de relever ainsi le coefficient électoral ». Avec l’absence de la carte magnétique qui aurait permis aux électeurs de voter dans leur lieu de résidence, ce facteur explique, selon M. Bassil, la baisse du taux de participation aux élections. Un autre facteur qu’il a cité est celui « des campagnes de démoralisation » dont il a accusé les détracteurs de son parti et qui auraient affecté, selon lui, les électeurs.
Pour M. Bassil, si le taux de participation avait été plus élevé dimanche, le CPL aurait pu rafler 7 sièges parlementaires supplémentaires.
Il a ensuite évoqué ses alliances politiques. Gebran Bassil a assuré que son « alliance stratégique » avec le Hezbollah est maintenue, tout en jugeant que « les erreurs tactiques commises à l’égard du CPL ne devraient pas se répéter ». S’il a également souligné que son partenariat avec le courant du Futur se poursuivra, il a tenu à l’égard des Forces libanaises un discours plus nuancé par rapport à celui qui avait alimenté ses campagnes électorales. Après avoir réaffirmé les avantages de la réconciliation de Meerab, « qui est toujours en vigueur », il a estimé que celle-ci « doit être un acte politique » et s’est dit « heureux parce que le bloc parlementaire des FL s’est accru », tout en faisant valoir que son parti a contribué à ce résultat. M. Bassil a quand même reproché aux FL la politique qu’ils ont suivie pour mener leur campagne électorale. « Nous avions refusé de nommer un candidat au siège maronite de Baalbeck-Hermel parce que nous ne voulions pas le prendre avec des voix qui ne sont pas les nôtres, mais ils n’ont pas fait de même ailleurs. »
Il a par ailleurs annoncé que son groupe parlementaire s’appellera « le bloc du Liban fort » et qu’il aura pour mission première « le changement et la réforme », en allusion à l’ancien intitulé du bloc affilié au chef de l’État et fondateur du CPL, Michel Aoun.

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