Gaza

Vers une énième trêve entre le Hamas et Israël ?

La décision de négocier avec l’État hébreu fait débat au sein même du mouvement islamiste.

Des membres des Brigades Ezzeddine al-Kassam portant le corps de Bahaa Koudeih, âgé de 23 ans, lors de ses funérailles à Khan Younès dans la bande de Gaza, le 6 mai 2018. Saïd Khatib/AFP

Cerné de toutes parts, le Hamas semble prêt à négocier. Selon le quotidien israélien Haaretz, le mouvement islamiste qui dirige Gaza souhaiterait une trêve à long terme avec Israël. Cette information n’a pas encore été confirmée par des médias autres qu’israéliens.
Dans le cadre de cette trêve, toujours selon Haaretz, le Hamas souhaiterait un allègement du blocus imposé à l’enclave depuis la prise du pouvoir par le mouvement islamiste en juin 2007 (l’État hébreu contrôlant le passage des médicaments, de la nourriture, du ciment et de l’essence), un renforcement des infrastructures et un échange de prisonniers et de corps.
Cette demande présumée de trêve par le Hamas est effectuée à quelques jours des manifestations du vendredi (hebdomadaire, à la barrière de sécurité avec Israël) et du mardi 15 mai à l’occasion de la commémoration des soixante-dix ans de la « nakba » palestinienne. Toujours selon le quotidien israélien, le Hamas serait prêt à mobiliser cent mille à deux cent mille personnes ce jour-là.
Toutefois, la décision d’appeler à une trêve fait débat au sein même du mouvement islamiste. Le leader général du mouvement, Ismaïl Haniyeh, accusé d’être sous influence de l’Iran, désapprouve complètement cette mesure, tandis que le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Yehia Sinwar, y est favorable. L’État hébreu n’a pas encore répondu à cette demande. Mais si une trêve est acceptée, elle ne serait pas la première. Plusieurs opérations de ce type ont été menées (ou essayé d’être menées) depuis l’accession au pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza.


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Une mosaïque de trêves
À partir de 2007, le mouvement islamiste et l’État hébreu ont conclu une multitude de trêves. Mais elles ont été, pour la plupart, rompues par des représailles orchestrées des deux côtés. Et concernant celles de longue durée qui ont été respectées, elles sont beaucoup plus réduites. Parmi les plus importantes, celle du 19 juin 2008. Elle devait résoudre le problème du blocus imposé par Israël paralysant la situation humanitaire dans la bande de Gaza. Le Hamas avait alors demandé à l’État hébreu, le 25 mars 2008, une trêve de six mois. Celle-ci a été, dans un premier temps, écartée par Israël. Mais Tel-Aviv n’avait néanmoins pas refusé la possibilité d’un « accord par étapes » qui aboutirait à une cessation des hostilités. Un mois plus tard, Israël entame un processus de trêve avec le Hamas (par l’intermédiaire de l’Égypte), qui aboutit à sa signature. Et même si les deux parties (Hamas et Israël) doutaient du respect de la durée de cette trêve, celle-ci a néanmoins tenu les six mois prévus. Elle n’a pas été renouvelée par la suite par le Hamas, accusant Israël de l’avoir violée.Après l’opération israélienne « Plomb durci » survenue durant l’hiver 2008-2009 contre le Hamas, ce dernier a fait part de sa volonté d’instaurer une trêve d’un an avec Israël dans le but de consolider le cessez-le-feu qui avait mis fin à l’opération. « Nous sommes d’accord sur le principe d’une trêve d’un an. Les médiateurs égyptiens proposent un an et demi et nous n’avons pas totalement fermé la porte à cette idée », déclarait à l’époque un porte-parole du Hamas. Mais cette trêve ne sera pas appliquée compte tenu de la reprise des hostilités. Par la suite, ce sont des trêves de quelques jours, voire quelques heures qui ont été instaurés. Parfois, des rumeurs de longues trêves sont annoncées. Par exemple, en juillet 2015, un an après l’opération « Bordure protectrice » qui a coûté la vie à 2 200 Gazaouis, une rumeur faisait état d’une trêve de longue durée entre le Hamas et Israël. En vain. Mais face à cette tentative du mouvement islamiste d’instaurer une trêve avec Israël, plusieurs conditions sont à réunir pour garantir son succès. D’une part, le Hamas doit être assuré de pouvoir respecter cette trêve sans avoir de divisions en son sein et sans qu’il y ait des factions armées qui tirent en direction du territoire israélien. De son côté, l’État hébreu doit également y être favorable et obtenir des garanties que les civils israéliens ne seront pas victimes d’une pluie de roquettes venues de Gaza. Enfin, le Hamas doit obtenir l’aval du Fateh, son rival, qui dirige la Cisjordanie. Si les conditions sont remplies, la trêve devrait être appliquée. Sinon, elle rejoindra la liste de celles qui n’ont pas pu être instaurées.


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