Les funérailles d'une jeune fille dont le meurtre sordide attribué à des migrants a profondément secoué la campagne électorale italienne cet hiver ont eu lieu samedi à Rome, quelques jours avant le procès de l'homme qui a tiré sur des Africains pour la venger.
Derrière le cercueil blanc couvert de fleurs, des centaines de proches et d'amis, pour beaucoup revêtus d'un t-shirt frappé d'une photo souriante de Pamela Mastropietro, assassinée à 18 ans peu après avoir quitté un centre de désintoxication, ont participé à ce dernier hommage.
Les maires de Rome, ville de la famille, et de Macerata, la localité du centre de l'Italie où la jeune fille a été tuée, avaient décrété une journée de deuil dans les deux villes. Ils ont participé aux funérailles, tout comme l'ambassadeur du Nigeria en Italie.
Trois Nigérians, dont au moins un dealer, sont en détention provisoire, soupçonnés d'avoir assassiné la jeune fille le 30 janvier puis découpé son corps pour le placer dans deux valises abandonnées ensuite au bord d'une route.
Parmi les nombreuses couronnes de fleurs blanches, l'une était signée "Traini Luca (Lupo)". Le 3 février, ce militant d'extrême droite, qui ne connaissait pas la victime mais souhaitait la venger, a sillonné le centre de Macerata pendant deux heures en tirant sur des Africains, faisant au moins six blessés. Son procès doit s'ouvrir mercredi devant la cour d'assise de Macerata.
Ce fait divers sordide et les représailles racistes à un mois des élections législatives du 4 mars avaient secoué l'Italie, révélant les profondes tensions autour des migrants dans un pays qui a vu arriver des centaines des milliers de personnes sur ses côtes ces dernières années.
A Macerata, des militants néofascistes ont rebaptisé vendredi la rue où la jeune fille a été tuée "Via Pamela Mastropietro, victime de la mafia nigériane".


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