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Culture

L’ambassadeur de Suède au Liban : Le metal est une musique inclusive, pleine de solidarité

Interview express

« L’Orient-Le Jour » a rencontré samedi Jörgen Lindstrom, en poste à Beyrouth depuis l’automne dernier, lors du festival Metal Rising Fest, où plusieurs groupes locaux, dont Blaakyum et Kimaera, se sont produits.

24/04/2018

Ce n’est pas tous les jours que l’on peut croiser un diplomate dans un concert de metal, au Liban qui plus est...
Le metal fait partie de la culture suédoise, et il se trouve que je suis moi-même fan de ce courant musical – j’ai grandi avec le heavy metal des années 1970 (Iron Maiden, Judas Priest, Rainbow ou encore Ronnie James Dio, etc.) et pas mal de hard-rock (Kiss). J’étais également présent lors de la venue du groupe suédois de death metal Grave, pour sa première au Liban, dans ces mêmes locaux en octobre dernier.

Est-ce que cette démarche vous est propre ou est-ce une habitude répandue parmi les précédents ambassadeurs de Suède au Liban, voire dans le monde ?
Je ne sais pas si les précédents ambassadeurs de mon pays au Liban ont déjà assisté à des concerts metal locaux. Mais d’après ce que j’ai pu entendre, je ne suis ni le premier ni le seul à le faire parmi les diplomates suédois dans le monde, ni parmi ceux qui représentent d’autres pays scandinaves, du moins d’après ce que j’ai pu entendre.

Comment cela est-il perçu par vos interlocuteurs ?
Ce n’est certainement pas perçu comme quelque chose de banal, mais je ne pense pas que ce soit littéralement choquant.

Le metal n’est pas forcément vu partout comme un courant musical sain et inoffensif. Quelle est votre opinion à ce sujet ?
Pour moi, c’est un courant musical comme un autre, qui se caractérise par sa puissance sonore, déployée tantôt avec une certaine simplicité, ou avec beaucoup de technicité. C’est aussi un mouvement culturel très inclusif, qui place la solidarité au centre de ses valeurs. Sa popularité a connu des hauts et des bas, mais le mouvement a finalement survécu depuis son apparition à la fin des années 1960. C’est d’ailleurs grâce à la solidarité de ses artistes et de ses fans que le metal a pu perdurer aussi longtemps sans jamais vraiment devenir à la mode. Je pense enfin que ce qui distingue le metal, c’est sa capacité à évoluer avec le son de son époque et de puiser son inspiration dans d’autres courant musicaux.

Quelle est enfin votre opinion sur le niveau de la scène libanaise ?
Je ne l’ai pas encore suffisamment vue pour pouvoir vous donner un jugement définitif, étant donné que ma mission m’appelle à assister à d’autres types de manifestations culturelles. Mais je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai aimé ce que j’ai vu : les musiciens ont un bon niveau technique, et une large variété de genres comme de sous-genres sont représentés. Je suis particulièrement heureux de voir qu’il y a au Liban, comme c’est le cas ailleurs, des musiciens qui continuent de consacrer du temps au metal après s’être mariés et avoir fondé une famille. Bref, je peux pour l’instant vous dire que c’est une scène très impressionnante composée de musiciens passionnés.

Le metal libanais en plein forme dans les locaux du Minus 5


Pas moins de sept groupes locaux, dont plusieurs vétérans, ont investi samedi la scène du Minus 5, à Mkallès, à l’occasion du Metal Rising Fest, organisé par Groove Machine Entertainment. L’événement a notamment accueilli deux formations tripolitaines, Apathia (groove/thrash metal) et Hatecrowned (black metal); les énervés de World in Silence (anciennement Within Destruction, metalcore/death mélodique) ; les bien nommés de Thrashstorm (thrash metal), suivis par la sulfateuse de Nocturna (dominante black/death technique). Les vétérans de Blaakyum (heavy/trash) – qui enregistrent leur nouvel album en Italie – et de Kimaera (doom/death) ont également fait parler leurs talents respectifs devant un public enthousiaste

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